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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 10:25


 

اطلقوا سراح   معتقلي الرأي  عمر الراضي و سليمان الريسوني

 

 

عقدت لجنة المنتدى الاجتماعي المغاربي اجتماعها الدوري ، يومه الثلاثاء 25 ماي2021 عن بعد، وبعد تداولها لمستجدات واقع حقوق الإنسان بالمنطقة المغاربية، خصوصا المرتبطة بالمعتقلين السياسيين و معتقلي الرأي ،  واطلاعها على وضعية الصحفيين المغربين المعتقليين عمر الراضي و سليمان الريسوني المضرب عن الطعام ليومه 48، يعبر المنتدى عن

  • _قلقها الشديد بخصوص الوضعية الصحية لسليمان الريسوني بسبب إضرابه عن الطعام الذي هو في يومه 48 و عمر الراضي بسبب مرضه المزمن ، و استمرار اعتقالهما دون احترام  شروط المحاكمة العادلة و ضمان حقوقهما الأساسية في الدفاع بحرية عن نفسيهما.
  • نحمل المسؤولية  للسلطات المغربية عن العواقب الخطيرة للتدهور الصحي للصحفيين وعن مسؤولية ضمان الحق في الحياة و في الحق في العناية الطبية

 

و في هذا ألإطار يطالب عضوات و أعضاء المنتدى الحكومة المغربية ب 

 

  • ضرورة التدخل العاجل لإنقاذ حياة سليمان الريسوني المضرب عن الطعام ، و حياة عمر الراضي اللذان يعيشان و ضعية صحية مقلقة ومتدهورة ، و ضرورة تمتعيهما  بالسراح المؤقت ، و ضمان محاكمة عادلة لهما
  • الحد من ظاهرة الاعتقال السياسي و الاعتراف و الإنصات للحركات والاجتماعية و الاستجابة لمطالبها قصد النهوض بالمنطقة و تحقيق التنمية و السلم و الاستقرار  بها.
  • احترام الحقوق و الحريات و الحد من قمع الاحتجاجات و انتهاك حرية التعبير و التجمهر و التظاهر
  • كما نطالب السلطات المغربية بإطلاق سراح  كل المعتقلين السياسيين و معتقلي الرأي

 

منظمة تونسية تمنح الريسوني والراضي
 “جائزة نجيبة الحمروني المغاربية لأخلاقيات مهنة الصحافة”

سليمان الريسوني وعمر الراضي

lakome2.com 

 
لكم
الجمعة 28 ماي 2021 | 09:12
 
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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 15:34


أخبار وطنية Après l’horrible attentat dont la victime est une citoyenne française Des associations de la société civile condamnent le terrorisme, présentent leurs condoléances à la famille de la victime et

 

 

https://www.jomhouria.com/upload_article/403ccb8c83acc1bae7264935a8f78258/img.jpg

A la suite du  crime terroriste dont la victime est une citoyenne française travaillant  au poste de police de la ville française de Rambouillet,  les associations de la société civile tunisienne, signataires du présent communiqué, condamnent fermement cet acte odieux, lâche et préjudiciable à la réputation de la Tunisie, perpétré une fois de plus par un membre de la communauté tunisienne en France.

Les investigations préliminaires montrent que ce  crime fait partie d’une série d’actes terroristes commis, au nom de l’islam, par des mouvements politiques extrémistes qui se disent "islamistes "  et dont  l’exécution est parfois confiée à des individus  d’un faible niveau intellectuel qui sont la proie facile de la propagande haineuse et trompeuse  appuyée par ces organisations. De tels discours ont tiré profit de l’appui ou de l’indulgence des partis ayant pris part au pouvoir pendant la dernière décennie.

Les  associations condamnent  également l’obstination de certains partis, en particulier le Mouvement Ennahdha  et les organisations et associations  qui lui font allégeance depuis 2011, dont la plus importante actuellement,  la Coalition Al Karama, à diffuser les discours encourageant la haine, la sédition et la violence sur les réseaux sociaux et les médias, en particulier ceux qui sont hors-la loi.

Tout en réitérant  leur condamnation de ces actes criminels odieux, dont les victimes sont des citoyennes  et des citoyens innocents, les associations  expriment leur solidarité totale avec les familles des victimes et avec le peuple français et regrettent  la recrudescence des  campagnes haineuses et racistes à l’encontre  des Tunisiennes  et des Tunisiens  et de l’ensemble des étrangers résidant en France et dans le reste des pays européens.

Les Associations regrettent le long mutisme des  autorités officielles, exécutives et législatives, et considèrent que le communiqué  du gouvernement, tout en étant important, constitue un recul par rapport aux  positions de principe fermes contre le terrorisme dans le  pays et à l’étranger, qui ont caractérisé la politique tunisienne pendant les dernières décennies. Elles mettent en garde contre les répercussions d’une telle hésitation sur l’image de la Tunisie à l’étranger et sur les membres de nos communautés à travers le monde et  notamment en France. 

Les associations signataires considèrent, en conclusion, que l’escalade du terrorisme mondial constitue une menace pour la coexistence pacifique et paisible  entre les peuples et que les Etats doivent fournir des efforts conjoints pour la freiner en améliorant  le contenu  de l’information et des programmes éducatifs et en facilitant le lancement de projets de développement qui sont un rempart évitant  aux jeunes d’être une proie facile aux mains des organisations terroristes transnationales et transcontinentales.

Les associations signataires

  • Association Attalaki pour la liberté et l’égalité
  • Association Beity
  • Association citoyenneté et libertés
  • Association Citoyenneté, Développement, Cultures & Migrations Des Deux Rives
  • Association de solidarité civique – Tunisie
  • Association des femmes tunisienne pour la recherche sur le développement
  • Association Edification de la culture de la citoyenneté
  • Association Joussour de la Citoyenneté
  • Association La Manouba pour les monuments et la culture
  • Association méditerranéenne pour la pédagogie et la citoyenneté 
  • Association tunisienne de défense des libertés individuelles
  • Association tunisienne de défense des valeurs universitaires
  • Association tunisienne des femmes démocrates
  • Association Vigilance pour la démocratie et l’Etat civique
  • Centre de Tunis pour la liberté de la presse
  • Coalition tunisienne pour l’abolition de la peine de mort
  • Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie
  • Euromedrights
  • Forum Attajdid pour la pensée progressiste
  • Free Sight Association
  • L’Association Arts et Cultures des deux Rives
  • L’association tunisienne de l’action culturelle
  • La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives 
  • La Fondation Hassen Saadaoui pour la démocratie et l'égalité
  • L'association des Tunisiens en France
  • L'association L'ART RUE
  • L'Association tunisienne de soutien aux minorités
  • Le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique
  • Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme
  • L'union des Tunisiens pour l'Action Citoyenne
  • Nachaz – Dissonances
  • Observatoire national pour la défense du caractère civil de l’Etat
  • Organisation 23_10 de Soutien au Processus de la Transition Démocratique
  • Organisation contre la torture en Tunisie
  • Syndicat national des journalistes tunisiens
  • Tunisian forum for youth empowerment

 

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 15:12

 

Kamel Daoud : « Cologne, lieu de fantasmes »

Selon l’écrivain Kamel Daoud, l’accueil des réfugiés demande d’admettre que leur donner des papiers ne suffira pas à les guérir du profond sexisme qui sévit dans le monde arabo-musulman

Le Monde

Publié le 29 janvier 2016 à 18h29 - Mis à jour le 11 février 2016 à 08h51 

Temps de Lecture 8 min.

La police à Cologne, le 6 janvier, après les violences du Nouvel An contre les femmes. ROBERTO PFEIL / AFP

Par Kamel Daoud (Ecrivain)

Que s’est-il passé à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre ? On peine à le savoir avec exactitude en lisant les comptes rendus, mais on sait – au moins – ce qui s’est passé dans les têtes. Celle des agresseurs, peut-être ; celle des Occidentaux, sûrement.

Fascinant résumé des jeux de fantasmes. Le « fait » en lui-même correspond on ne peut mieux au jeu d’images que l’Occidental se fait de l’« autre », le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé. Des immigrés accueillis s’attaquent à « nos » femmes, les agressent et les violent.

Cela correspond à l’idée que la droite et l’extrême droite ont toujours construite dans les discours contre l’accueil des réfugiés. Ces derniers sont assimilés aux agresseurs, même si l’on ne le sait pas encore avec certitude. Les coupables sont-ils des immigrés installés depuis longtemps ? Des réfugiés récents ? Des organisations criminelles ou de simples hooligans ? On n’attendra pas la réponse pour, déjà, délirer avec cohérence. Le « fait » a déjà réactivé le discours sur « doit-on accueillir ou s’enfermer ? » face à la misère du monde. Le fantasme n’a pas attendu les faits.

Le rapport à la femme

Angélisme aussi ? Oui. L’accueil du réfugié, du demandeur d’asile qui fuit l’organisation Etat islamique ou les guerres récentes pèche en Occident par une surdose de naïveté : on voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime qui recueille la projection de l’Occidental ou son sentiment de devoir humaniste ou de culpabilité. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme.

Lire aussi Après Cologne, racisme ou sexisme ?

En Occident, le réfugié ou l’immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité, et cela, on l’oublie avec dédain. Sa culture est ce qui lui reste face au déracinement et au choc des nouvelles terres. Le rapport à la femme, fondamental pour la modernité de l’Occident, lui restera parfois incompréhensible pendant longtemps lorsqu’on parle de l’homme lambda.

Il va donc en négocier les termes par peur, par compromis ou par volonté de garder « sa culture », mais cela changera très, très lentement. Il suffit de rien, du retour du grégaire ou d’un échec affectif pour que cela revienne avec la douleur. Les adoptions collectives ont ceci de naïf qu’elles se limitent à la bureaucratie et se dédouanent par la charité.

Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir.

« La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme »

Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie.

C’est une conviction partagée qui devient très visible chez l’islamiste par exemple. L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme.

L’islamiste en veut à celle qui donne la vie, perpétue l’épreuve et qui l’a éloigné du paradis par un murmure malsain et qui incarne la distance entre lui et Dieu. La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme. L’islamiste est tout aussi angoissé par la femme parce qu’elle lui rappelle son corps à elle et son corps à lui.

La liberté que le réfugié désire mais n’assume pas

Le corps de la femme est le lieu public de la culture : il appartient à tous, pas à elle. Ecrit il y a quelques années à propos de la femme dans le monde dit arabe : « A qui appartient le corps d’une femme ? A sa nation, sa famille, son mari, son frère aîné, son quartier, les enfants de son quartier, son père et à l’Etat, la rue, ses ancêtres, sa culture nationale, ses interdits. A tous et à tout le monde, sauf à elle-même. Le corps de la femme est le lieu où elle perd sa possession et son identité. Dans son corps, la femme erre en invitée, soumise à la loi qui la possède et la dépossède d’elle-même, gardienne des valeurs des autres que les autres ne veulent pas endosser par [pour] leurs corps à eux. Le corps de la femme est son fardeau qu’elle porte sur son dos. Elle doit y défendre les frontières de tous, sauf les siennes. Elle joue l’honneur de tous, sauf le sien qui n’est pas à elle. Elle l’emporte donc comme un vêtement de tous, qui lui interdit d’être nue parce que cela suppose la mise à nu de l’autre et de son regard. »

« On voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme »

Une femme est femme pour tous, sauf pour elle-même. Son corps est un bien vacant pour tous et sa « malvie » à elle seule. Elle erre comme dans un bien d’autrui, un mal à elle seule. Elle ne peut pas y toucher sans se dévoiler, ni l’aimer sans passer par tous les autres de son monde, ni le partager sans l’émietter entre dix mille lois. Quand elle le dénude, elle expose le reste du monde et se retrouve attaquée parce qu’elle a mis à nu le monde et pas sa poitrine. Elle est enjeu, mais sans elle ; sacralité, mais sans respect de sa personne ; honneur pour tous, sauf le sien ; désir de tous, mais sans désir à elle. Le lieu où tous se rencontrent, mais en l’excluant elle. Passage de la vie qui lui interdit sa vie à elle.

C’est cette liberté que le réfugié, l’immigré, veut, désire mais n’assume pas. L’Occident est vu à travers le corps de la femme : la liberté de la femme est vue à travers la catégorie religieuse de la licence ou de la « vertu ». Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à « voiler ».

La liberté de la femme en Occident n’est pas vue comme la raison de sa suprématie mais comme un caprice de son culte de la liberté. A Cologne, l’Occident (celui de bonne foi) réagit parce qu’on a touché à « l’essence » de sa modernité, là où l’agresseur n’a vu qu’un divertissement, un excès d’une nuit de fête et d’alcool peut-être.

Cologne, lieu des fantasmes donc. Ceux travaillés des extrêmes droites qui crient à l’invasion barbare et ceux des agresseurs qui veulent le corps nu car c’est un corps « public » qui n’est propriété de personne. On n’a pas attendu d’identifier les coupables, parce que cela est à peine important dans les jeux d’images et de clichés. De l’autre côté, on ne comprend pas encore que l’asile n’est pas seulement avoir des « papiers » mais accepter le contrat social d’une modernité.

Le problème des « valeurs »

Le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah ». A tel point qu’il a donné naissance à ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » : descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burka.

L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. Car « chez nous », il n’a d’issue qu’après la mort et le jugement dernier. Un sursis qui fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté : je veux connaître une femme mais je refuse que ma sœur connaisse l’amour avec un homme.

Retour à la question de fond : Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité.

Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer.

Kamel Daoud est un écrivain algérien. Il est notamment l’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), Prix Goncourt du premier roman. Il est également chroniqueur au Quotidien d’Oran. Cet article a d’abord été publié en Italie dans le quotidien 

La Repubblica

Le Monde

 

 

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 09:58
Fatima Benomar · Militante féministe · 17 avril 2021
Contact presse : 06 75 86 61 31
 
 
 
Contravention, délit, périmètre
Qu'est-ce qu'un relou ?
 
 
 
Émission intégrale : https://lnkd.in/drzbYX7 ⤴️
  
Difficile de qualifier la lourdeur aux yeux de la loi. Ce que l'on peut dire en revanche, c'est que la très grande majorité des comportements que l'on qualifie usuellement de "harcèlement de rue" ne sont pas de simples outrages sexistes dignes d'une contravention pouvant aller jusqu'à 750 €, mais des délits qui ont tendance à être systématiquement déqualifiés dans le débat public.
 
Un homme qui vous traite de "Sale pute" dans l'espace public n'est pas un relou. C'est un délinquant qui vous inflige une injure sexiste publique, passible d'un an de prison et de 45 000 € d'amende. Un homme qui répète à votre encontre des propos ou un comportement à caractère sexuel, commet un harcèlement sexuel, délit passible de 2 ans de prison. Un homme qui vous assène des menaces de mort ou de viol, en général quelques secondes après avoir été éconduit, commet un délit passible de 5 ans de prison. Un frotteur commet ce que la loi qualifie d'agression sexuelle, passible de 5 ans de prison, etc.
 
Pour son projet de créer des "zones rouges" identifiées, Marlène Schiappa a annoncé que des agents en civil seront déployés dans certains quartiers seulement, sur la base des très rares et peu représentatives contraventions qui y ont été données, où ont eu lieu des comportements qui se situent en deçà de tout ce qui est cité plus haut : sifflements, commentaires sur notre physique, propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste non répétés, chuchotements à l'oreille, et autres gestes souvent furtifs que subissent les femmes de la part d'hommes dans la rue.
 
Or tout le problème de cette expression "harcèlement de rue" est qu'elle délimite géographiquement un comportement masculin que l'on rencontre partout. La rue est, en revanche, le plus souvent un espace occupé par les classes populaires. Les hommes les plus aisés harcèlent plutôt les femmes dans les bibliothèques, à l'intérieur des pubs et des bars, dans les festivals, dans les couloirs de l'Assemblée et du Sénat, ce qui a entrainé la création du collectif "Chair collaboratrice", voire même en direct de l'hémicyle le jour où Cécile Duflot a osé s'y présenter en robe, dans les soirées privées comme l'illustre l'affaire Sandra Muller, dans les grands hôtels comme le faisait Weinstein. Tous ces faits passeront sous les radars, et les "relous" qui les commettent épargnés par la Justice comme par le débat public, qui ne s'attardera que sur ce qui se passe "dans certains quartiers".
 
Si, à la fin de cette opération Zones rouges, on tire la conclusion que le harcèlement est un comportement d'hommes pauvres, on sera bien évidemment passé à côté de ce dont on parle. D'un mauvais diagnostic on tirera de mauvaises pistes de solutions. Heureusement, #MeToo continuera à échapper au contrôle gouvernemental en démontrant que les couloirs de TF1 ou que le bureau du maire de Tourcoing sont autant de "zones rouges".
 
Pour l'imprescriptibilité des crimes pédocriminels et/ou incestueux
 
 Olivier Duhamel a reconnu (et minimisé) les faits. Pour rappel, une fellation forcée est un viol, et non un attouchement sexuel. Ces faits ayant été commis au début années 80, ils sont aujourd'hui prescrits. Il ne sera donc jamais poursuivi, et il n'est pas le seul dans ce cas.
 
En France, il aura fallu deux livres, "Le consentement" de Vanessa Springora et "La familia Grande" de Camille Kouchner, ainsi que la forte audience très révélatrice du hashtag #MeTooInceste, pour qu'on cesse d'ignorer ce fait majeur que 10% des françai-ses déclarent avoir subi des actes incestueux. Plus de la moitié ont fait état d'une amnésie traumatique, un mécanisme neurologique qui bloque la mémoire des victimes trop jeunes et vulnérables pour avoir les marges de manoeuvre suffisantes pour se défendre autrement. Ce mécanisme est, comme la sidération ou la dissociation, une stratégie d'autodéfense naturelle face à une situation insupportable à laquelle on ne peut échapper. Il arrive néanmoins que ces victimes recouvrent la mémoire plusieurs décennies plus tard, après expiration du délai de prescription qui est aujourd'hui de 30 ans après la majorité, et ne puissent plus porter plainte.
 
Il n'y a pas que l'amnésie traumatique qui explique ce temps si long entre le crime et la volonté de porter plainte. Il y a aussi, pour celles et ceux qui n'ont jamais oublié, tout le chemin qu'elles doivent parcourir pour dominer le sentiment de honte, les pressions familiales, la peur d'affronter une figure d'autorité ou de briser le cœur de ses proches en accusant un homme qu'iels aiment, et tout ce long chemin de reconstruction bordé d'addictions, de perte de l'estime de soi, de conduites à risques, de tentatives de suicides.
 
Enfin il y a toutes celles et ceux qui ont parlé tout-de-suite, qui n'ont pas été cru-es ou qui ont été prié-es de se taire. Autant d'obstacles temporels qui retardent l'initiative de s'en remettre à la Justice. Pour toutes ces raisons, nous réclamons l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineur-es, ou, s'il nous répugne trop de remettre en cause le caractère exclusif de cette imprescriptibilité qui est aujourd'hui réservée aux crimes contre l'humanité, qu'on instaure des délais assez longs pour couvrir toute la durée de vie des coupables. Si le délai est porté à 60 ans, nous serons sûr-es qu'à tout âge, un pédocriminel pourra répondre de ses actes.
 
Si nous considérons l'amnésie traumatique comme « un obstacle insurmontable et assimilable à la force majeure », comme le prévoit l'article 9-3 du Code pénal qui peut « suspendre la prescription » ; si nous estimons que la crise a démontré que les navettes parlementaires pouvaient aller plus vite en cas d'extrême urgence ; nous pouvons aussi estimer que le fait qu'un-e français-e sur 10 soit aujourd'hui victime d'inceste, est une situation d'extrême urgence.
 
 
 Pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels pédocriminels, incestueux entre autres, afin de permettre à ces enfants d'obtenir un jour justice, et aussi pour que des enquêtes soient menées même sur le tard, permettant à d'éventuel-les témoins ou à d'autres victimes de se signaler ⤵️
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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 11:11
Tunisie – 9 avril 1938 : ces héroïnes oubliées de la lutte nationale
lundi 12 avril 2021
par  Frida Dahmani
 

Le 9 avril 1938, la Tunisie fait un premier pas vers la revendication de l’indépendance. Mais ce jour marqué d’une pierre blanche a été précédé d’une mobilisation féminine sans précédent la veille. L’occasion de revenir sur certaines actrices oubliées de la lutte nationale.

Le 9 avril 1938 est inscrit dans les mémoires comme la première grande manifestation où les Tunisiens ont réclamé un parlement et des réformes. En somme, un premier pas vers l’indépendance du pays sous protectorat français depuis 1881. L’histoire officielle a retenu la mobilisation populaire, la répression sanglante et la détermination de leaders de la lutte nationale tels que Ali Belhaouane ou Mahmoud El Materi.

Positions avant-gardistes

Mais elle oublie que les événements du 9 avril, qui ont fini dans un bain de sang et avec un coup de filet qui a tronqué la direction du Néo-Destour, ont débuté la veille, le 8 avril. Ce jour-là, pour la première fois de leur histoire, des Tunisiennes issues de tous les milieux ont défilé dans les rues et scandé les mêmes slogans que les hommes à leurs côtés.

Gardez le contact !

Elles ne disposent alors que de peu de droits et sont maintenues en marge de la vie publique malgré quelques suffragettes qui soulèvent la question de l’émancipation de la femme en s’appuyant sur les positions avant-gardistes du penseur et syndicaliste Tahar Haddad. Son ouvrage, Notre femme dans la législation islamique et la société, qui démontrait en 1930 que le Coran ne s’oppose pas aux droits et libertés des femmes, avait suscité un tel tollé qu’il fut contraint à l’exil.

N’OBÉISSANT QU’À ELLES-MÊMES, CES FEMMES SONT AUX PREMIERS RANGS DE LA MOBILISATION ET BRANDISSENT LE DRAPEAU TUNISIEN

N’obéissant qu’à elles-mêmes, le 8 avril 1938, ces femmes sont aux premiers rangs de la mobilisation et brandissent le drapeau tunisien. Dans les foyers, leur présence est abondamment commentée et suscite l’admiration.

Le lendemain, le 9 avril, du haut des balcons et des terrasses des femmes aideront les manifestants, de nouveau dans la rue, en leur lançant des ustensiles ménagers pour qu’ils puissent se défendre contre les forces de sécurité.

Dans cette atmosphère bouillonnante d’un entre-deux-guerres où la Tunisie n’espérait plus rien du Front populaire au pouvoir en France, les courants d’idées émancipatrices constituent alors le socle d’une lutte nationale devenue plus déterminée après la répression d’avril 1938.

Il faudra attendre le début des années 1950 et la structuration de la lutte nationale pour voir de nouveau les femmes dans la rue, comme à Béja en 1952, où Wassila Ben Ammar (future Madame Bourguiba) préside un meeting féminin après l’appel de Bizerte de Habib Bourguiba.

Rôle clé

Manifestation pour la lutte nationale, le 9 avril 1938.

Mais certaines n’ont pas attendu que les associations et les mouvements féminins les mettent à contribution : sans être forcément érudites, ces anonymes ont joué dans les coulisses un rôle clé dans les actions des militants pour l’indépendance.

CES MILITANTES DE L’OMBRE NE CHERCHAIENT NI LA POSTÉRITÉ NI LA FORTUNE

Mais d’elles, il reste peu de traces. « On les retrouve dans les mémoires familiales mais l’histoire officielle est plus masculine. Elles ont surtout été écartées sous l’effet d’un patriarcat qui n’accordait aucune considération aux femmes », commente l’historienne Kmar Bendana. De toute évidence, ces militantes de l’ombre ne cherchaient ni la postérité ni la fortune mais agissaient en patriotes. La mémoire populaire se souvient encore de quelques-unes de ses valeureuses.

Om Saad Ben Yahia abritait des fellagas ou des réunions clandestines d’activistes et entreposait des armes chez elle.

OM SAAD BEN YAHIA EN IMPOSAIT MÊME À BOURGUIBA QUI LA QUALIFIAIT DE « ZAÏMA », LA LEADER

Om Saad Ben Yahia (1898-1972), native d’El Metouia (Sud-Est), est le symbole féminin de la lutte nationale malgré les violences de son époux. C’est dans la chambre que sa famille occupait dans une oukéla – un logement collectif – à Bab Souika, un faubourg de Tunis, qu’elle abritait des fellagas ou des réunions clandestines d’activistes et entreposait des armes. Elle contribuait à la logistique de certaines opérations et a été arrêtée plusieurs fois sans jamais dénoncer ses camarades. Elle en imposait même à Bourguiba qui la qualifiait de « zaïma », la leader.

Majida Boulila (1931-1952), arrêtée à 20 ans pour ses activités au sein du Néo-Destour, est une figure emblématique de Sfax. Enceinte, elle n’en subit pas moins les violences policières et sera transférée dans un camp pénitentiaire. Ses conditions de détention et les sévices vécus l’empêcheront de survivre à son accouchement.

UN VIOL COLLECTIF DEVANT SA FAMILLE, UNE MANIÈRE DE BRISER LES FORTES TÊTES SELON LES FORCES COLONIALES

Fatma Ben Boubaker (1919-1993), fille des montagnes de Bargou (Centre), a participé à la bataille qui a fait rage dans ce massif le 13 novembre 1954 et a été condamnée à trois mois de prison pour avoir transporté des armes dans son panier à légumes. Mais avant ce verdict, elle a été victime d’un viol collectif devant sa famille, une manière de briser les fortes têtes selon les forces coloniales.

Mabrouka Belgacem (1918-1990), native du Sud, a vécu aux côtés des fellagas et en a sauvé un bon nombre en déjouant une tentative d’empoisonnement d’un puits. Celle qui a été de toutes les manifestations à Remada et Tataouine, où la présence militaire française était importante, transportait des armes en les dissimulant sous les plis de son habit traditionnel.

HANIA LATIF A ABRITÉ CHEZ ELLE LES RÉSISTANTS ÉCHAPPÉS DE LA PRISON DE TUNIS EN 1941 ET 1951

Hania Latif (1918-1987), militante politique dès l’âge de 19 ans, a abrité chez elle les résistants échappés de la prison de Tunis en 1941 et 1951 et a assuré des livraisons d’armes et de médicaments aux fuyards. Aux côtés de Mosbah Jarbou – leader de la résistance armée dans le Sud – et de ses compagnons, elle participe aux manifestations de 1951, consécutives à la proposition française d’une souveraineté conjointe.

Mabrouka El Gasmi (1922-2002), née à Nefza (Nord), a mis au service de la résistance sa connaissance d’un terrain où les colons régnaient en maîtres. Agent de liaison entre les dirigeants du Néo-Destour et les résistants, elle a aussi contribué à leur fournir des caches et de la nourriture.

 
 
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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 09:34

Les associations du 10e Arrondissement
Monsieur Bertil Fort,
Conseiller du 10e arrondissement
Paris, le avril 2021
Objet : Lettre ouverte
Monsieur Le Conseiller,
Vous avez adressé un courrier le 31 mars 2021 à L’ACORT (L’assemblée citoyenne des originaires de Turquie), dont nous, associations du 10e arrondissement, avons eu connaissance et nous tenons par la présente à vous exprimer notre étonnement, notre indignation et notre désaccord profond.
Notre étonnement tout d’abord de la contradiction manifeste de votre propos qui condamne des prises de positions que vous qualifiez de politiques tout en demandant dans un même temps à L’ACORT d’en prendre sur des sujets qui semble-t-il vous tiennent à coeur.
Nous nous étonnons de votre injonction à une association de s’exprimer sur un sujet spécifique, en l’espèce le financement de la mosquée de Strasbourg, explicitant que cette absence de prise de position serait en lien avec une proximité idéologique avec la municipalité de cette ville… Ce qui est une mise en cause de l’autonomie de l’association.
Pourquoi ne le demandez-vous à d’autres associations ? Ville mains jardins par exemple ? L’exiger de L’ACORT en particulier ne constituerait-il pas un amalgame de sujets aussi divers que Turc, communautarisme et musulman ? Cet amalgame est l’origine de deux tags antimusulmans dont a été victime L’ACORT au cours de ces quatre derniers mois.
Notre indignation car certains termes de votre lettre relèvent de la calomnie publique : « des associations qui portent atteinte, par leurs actions ou leurs discours, aux valeurs et principes fondamentaux de la République Française ».
Vous y avez fait allusion lors de précédentes interventions, L’ACORT a été signataire d’un appel à une manifestation signé par plus de 70 autres associations, de syndicats et de partis politiques condamnant l’existence des discriminations systémiques (dont les contrôles au faciès reconnus par le gouvernement) et des violences policières (qui est la genèse de l’organisation du Beauvau de la Sécurité). Si cet appel à manifester vous semblait mettre en danger la République, qu’attendez-vous pour agir sur le terrain légal ?
Notre désaccord profond qu’un vote de subvention soit conditionné à une prise de position politique, ce qui pourrait ouvertement passer pour une forme de chantage exercée par un élu…
Tous les citoyens originaires de Turquie (Turcs, Kurdes, Grecs, Chaldéens et Arméniens) sont une partie de l’histoire du 10e, ils sont une partie de l’histoire de la France.
Au même titre que les autres habitants du 10e, ils bénéficient du droit d’association et du droit d’exprimer leurs opinions politiques.
Vous proposez de restreindre les moyens d’action de l’ACORT, acteur important de la vie associative et reconnu du 10e qui oeuvre, toujours dans un cadre laïque, contre les racismes, les sexismes et les discriminations. Depuis 40 ans, l’ACORT a été partie prenante de tous les combats pour l’égalité des droits de toutes et tous, et mène de nombreuses actions d’utilité publique : accès aux droits, médiation, activités culturelles pour les adultes et la jeunesse, cours de français, etc. « une action sociale utile aux Parisiens » comme vous le reconnaissez par ailleurs. Nous ne pouvons que constater votre méconnaissance de la loi de 1901, une association est l’expression d’une liberté publique qui en France a valeur constitutionnelle, et nous, associations signataires, ne pouvons. Recevez, Monsieur le Conseiller, l’expression de nos salutations associatives.
Les premiers signataires :
Association des Tunisiens en France (ATF) ; ATTAC Paris Centre ; Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) ;
Ensemble, nous sommes le 10e ; Espace Fârâbî ; Espace Universel ; Ligue des Droits de l’Homme (LDH Paris 10-11) ;
Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples (MRAP Paris) ; Union Culturelle Française des Arméniens de France ( UCFAF) ; Ville Mains Jardins
Signature de soutien à envoyer à : lestage.anick@orange.fr et en copie à association.acort@gmail.com

****** 

Bertil Fort
Conseiller du 10ème arrondissement
Paris, le 31 mars 2021
Monsieur Umit Metin
Président de l’ACORT
2 bis rue Bouchardon
75 010 Paris
Objet : explication de vote concernant la subvention de la Ville de Paris de 4.700 € à l’ACORT
Monsieur le Président,
Tout d’abord, je souhaitais vous exprimer ma solidarité suite au tag choquant que vous avez
découvert sur le mur de vos locaux cette semaine. Je condamne fermement cet acte, tout comme le
précédent qui avait eu lieu il y a quelques mois.
Par ailleurs, je tenais à vous informer que, lors du Conseil du 10ème arrondissement de Paris qui s’est
tenu le mardi 30 mars 2021, je me suis opposé à l’attribution d’une subvention de 4.700 € à votre
association. Par la présente, je souhaitais vous en indiquer les raisons afin qu’il n’y ait pas de
malentendu.
Comme vous le savez, j’ai déjà condamné à plusieurs reprises certaines de vos prises de positions
politiques qui nuisent, selon moi, à l’action sociale que vous menez à Paris et dont le caractère
essentiel n’est ici pas remis en question.
Lors de notre entretien en novembre dernier, je vous avais expliqué ma position de principe : je refuse
de voter des subventions à des associations qui portent atteintes, par leurs actions ou leurs discours,
aux valeurs et principes fondamentaux de la République Française.
Vous aviez alors reconnu avoir commis une erreur en signant un texte avec d’autres collectifs et
associations intitulé « Contre le racisme d’Etat et les violences policières » et où il était question de
« familles des victimes tuées, violées, mutilées, blessées par la police ; (…) migrant.e-s chassé.e-s,
torturé.e-s, traumatisé.e-s, persécuté.e-s par l’Etat et le système des frontières ; (…) habitant.e-s des
quartiers populaires harcelé.e-s et humilié.e-s au quotidien par les forces de police et ciblé-e-s par le
racisme d’Etat ».
Nous avions donc convenu qu’au moment de demander une nouvelle subvention, vous pourriez
communiquer publiquement sur cette erreur en renouvelant votre attachement aux valeurs de la
République dans un esprit d’apaisement. Depuis, et malgré cette nouvelle demande de subvention,
je n’ai vu aucune intervention à ce sujet.
Par ailleurs, j’en profite pour vous faire part de mon étonnement quant à votre absence de
condamnation ferme de la subvention de 2,563 millions d’euros accordée par la Maire EELV de
Strasbourg à la Confédération islamique Millî Görüs et destinée à financer une partie de la
construction de la Mosquée Eyyub Sultan. Cette subvention a été voté le lundi 22 mars 2021 par le
Conseil Municipal de Strasbourg.
En effet, je connais votre engagement ainsi que celui de votre association contre « toutes les formes
de nationalisme » comme il est écrit sur votre site web, à commencer par le développement du
nationalisme turc en France ces dernières années. Vous le savez et vous le dénoncez régulièrement,
celui-ci se développe en Europe et notamment dans les pays où la diaspora y est importante. Cette
stratégie nationaliste, qui séduit beaucoup de jeunes Français d’origine turque, est orchestrée par
l’AKP et passe par des ONG, des écoles privées confessionnelles, des organismes nationalistes comme
Millî Görüs ou des partis politiques comme le Parti égalité justice créé en 2015. Suite à notre dernier
entretien, vous m’aviez d’ailleurs transmis un texte intitulé « Le loup et le croissant : l’avant-garde
d’Erdogan en Europe » par Fehim Tastekin que j’avais lu avec intérêt et où il était question de ce
noyautage organisé par l’AKP. Comme vous le savez, Millî Görüs a également refusé de signer la Charte
des principes de l’Islam en France et défend un islam politique auquel vous vous opposez à juste titre.
Par conséquent : pourquoi n’avez-vous pas condamné cette subvention avec force ? Dois-je
comprendre que vous ne souhaitez pas intervenir pour des raisons de proximité idéologique avec la
Maire EELV de Strasbourg ?
L’engagement majeur de votre association sur ce sujet doit vous inciter à condamner fermement
l’action de la Maire de Strasbourg qui contribue à financer avec des fonds publics, plus ou moins
naïvement, le développement d’une antenne nationaliste turque proche de l’AKP en France.
N’ayant entendu aucune intervention de votre part sur ces deux sujets, je me suis donc à nouveau
opposé au vote d’une subvention à votre association. À nouveau, sur le principe, les contribuables
parisiens n’ont pas à financer des associations qui, en parallèle d’une action sociale utile aux Parisiens,
serviraient les intérêts de partis politiques et seraient prêts à abandonner leur principal combat quand
il s’agit de ne pas heurter leurs sensibilités.
J’espère que vous pourrez me rassurer sur ces deux sujets en m’apportant des clarifications utiles,
Bien cordialement,
Bertil FORT
Conseiller du 10ème arr. de Paris
Groupe Changer Paris

 

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 22:22

Le juge des référés du Conseil d’Etat, à la suite des requêtes introduites par la LDH, la Cimade, l’ADDE, le Gisti, l’ACAT, JRS-France, le GAS, et l’Anafé ainsi que des personnes étrangères, avait suspendu le 21 janvier dernier la décision du gouvernement de « geler », au motif de la crise sanitaire, l’enregistrement et la délivrance de visas dans le cadre du regroupement familial et de la réunification familiale.

Mais au-delà de ces situations, nombre de membres de famille de personnes étrangères régulièrement établies en France restent interdites de visas et donc empêchées de vivre une vie familiale normale, et ce depuis de longs mois.

C’est notamment le cas des conjoints et enfants de personnes algériennes vivant en France sous couvert d’une carte de séjour portant la mention « scientifique ».

Contrairement aux membres de familles des personnes titulaires d’un titre de séjour « passeport talent », cette catégorie ne figure pas, en effet, sur la liste des personnes autorisées par dérogation à entrer en France, fixée par les circulaires du 25 janvier 2021 et du 22 février 2021 relatives aux mesures frontalières mises en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

La LDH, l’ADDE, l’Anafé, le Gisti, et le SAF sont donc intervenus volontairement à l’appui de la requête formée par une dizaine de personnes concernées pour obtenir la suspension et l’annulation des circulaires précitées et demander qu’il soit enjoint à l’administration de prendre les mesures nécessaires pour l’enregistrement et la délivrance de visas aux personnes concernées.

Par une ordonnance en date du 17 mars, le Conseil d’Etat a estimé qu’il y avait urgence à suspendre la décision de gel des visas opposé à ces personnes, eu égard aux troubles dans les conditions d’existence subies par ces familles séparées depuis de nombreux mois. Il a en outre enjoint au Premier ministre de prendre les mesures nécessaires à leur entrée en France.

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 11:05

Appel à rassemblement, signé par la LDH, le samedi 27 mars, à 12h, à la Fontaine des innocents, à Paris

Dans un décret publié le 19 mars, le chef de l’Etat turc, Recep Tayip Erdogan a décidé, de manière autocratique, le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul !

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, dites Convention d’Istanbul, a été adoptée en 2011, et entrée en vigueur en 2014. C’est le premier traité qui fixe des normes juridiquement contraignantes au niveau européen pour prévenir et lutter contre les violences sexistes et sexuelles, et, qui contraint les Etats signataires à adopter une législation réprimant les violences.

Ce texte, ratifié par le Parlement turc, ne peut être annulé ainsi par simple décret présidentiel !

Enfreignant encore une fois toutes les règles de droit, Erdogan tente de justifier son décret anticonstitutionnel en avançant que la Convention inciterait au divorce et qu’elle aurait été détournée par un groupe d’individus cherchant à « normaliser l’homosexualité ». Il adresse ainsi un message cinglant aux femmes : la structure familiale turque est et doit rester machiste, féodale, homophobe et misogyne ! Il adresse sans détour un message de soutien aux assassins, aux agresseurs, aux violeurs, … !

Alors que depuis plus d’une dizaine d’années, les violences sexistes et sexuelles explosent en Turquie, alors qu’en 2020, on dénombre plus de 300 féminicides, cette décision d’Erdogan est une manœuvre politique pour renforcer la société patriarcale, conservatrice et misogyne qu’il s’efforce de bâtir tous les jours, depuis plus de 15 ans, avec des conséquences concrètes et désastreuses pour la vie des filles et des femmes de Turquie.

L’annonce du retrait de la convention d’Istanbul, s’inscrit dans un continuum de violences, avec en sus, cette semaine la destitution d’Omer Faruk Gergeroğlu, député et défenseur des droits humains, l’interdiction d’activité politique de plusieurs centaines de militant.e.s kurdes, de la menace de l’interdiction du HDP (Parti Démocratique des Peuples, gauche et mouvement kurde), 3e parti politique et la décision de transférer le droit de propriété du parc de Gezi à la faveur d’une fondation proche du pouvoir (épicentre des contestations citoyennes de 2013).

Aussi, nous, associations des originaires de Turquie, de l’immigration,
des droits humains, féministes, partis politiques, syndicats,

appelons à un rassemblement
le samedi 27 mars à 12h
à la Fontaine des innocents
 Place Joachim du Bellay, 75001 Paris

Pour saluer le courage et la détermination des féministes de Turquie, qui malgré les violences policières, les intimidations, la répression, les arrestations continuent  à se mobiliser par milliers, pour les droits de toutes les femmes !

Pour appeler à la solidarité internationale aux côtés des associations féministes, des personnes Lgbt, de défenses des droits humains et plus globalement de toutes les femmes de Turquie, face à ces attaques!

Et pour demander au Conseil de l’Europe de rappeler les obligations des Etats, signataires de la Convention d’Istanbul.

Premiers signataires : Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT), ADHEOS, Africa 93, Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA), Arab Network for Knowledge about Human Rights (ANKH), Assemblée européenne des citoyens (HCA-France), Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association des Tunisiens en France ( ATF), Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Centre Lgbt de Guadeloupe, Comité pour le Respect des libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Droits d’urgence, Espace Universel, Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fédération nationale de la Libre Pensée, La Voix des Femmes, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ma Différence-LGBT, Marche Mondiale des Femmes – France, Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC), Savie Asbl NGO PGEL LGBTIQ DRC, SKB-France, Solidarité avec les Universitaires pour la Paix et défense des Droits Humains en Turquie (SUD-DDHT), Solidarité internationale LGBTQI, Union Culturelle Française des Arméniens de France (UCFAF), Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC), Union Syndicale Solidaires, Ensemble !, Gauche démocratique et sociale (GDS), Parti Communiste Français (PCF), Pour une Ecologie Populaire et Sociale (PEPS).

Paris, le 24 mars 2021

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ EN FORMAT PDF

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 16:02

VIOCONFERENCE SUR LES DISCRIMINATIONS

EN FRANCE ET EN TUNISIE

NUL NE DOIT ÊTRE PRIVÉ DE SES DROITS PARCE QU'IL EST "DIFFÉRENT".

La Semaine d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme valorise les engagements de l'ensemble des institutions et de leurs partenaires en faveur des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. L’édition 2021 de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme se tiendra du 21 au 28 mars.

La récente recrudescence de la discrimination structurelle fondée sur la race et l'origine ethnique, y compris la violence raciale, comme en témoignent plusieurs mouvements de protestation dans le monde, exige un engagement renouvelé de la part de la communauté internationale afin de constituer un front solide pour contrecarrer le racisme et la discrimination.

Dans ce contexte, la Fédération des associations des Tunisiens de France (ATF), acteur de l’immigration et des luttes contre les discriminations en France souhaite faire une passerelle entre la situation en Tunisie et en France.

La question discriminatoire interroge autant en France qu’en Tunisie. Cette problématique est posée différemment par les deux pays.

Ainsi la redécouverte par la France au début des années 2000 s’explique par l’épuisement des réponses socio-économiques pour éradiquer les inégalités et la montée en puissance des questions sociétales portées par les mouvements sociaux.

Un constat s’impose en définitive ni l’idéal républicain, ni le modèle universalistes ou l’approfondissement de la démocratie ne sont parvenus à concilier les différences, l’égalité et la démocratie politique   Sociale ou culturelle

En s’ouvrant à la démocratie en 2011 la Tunisie a passé un cap ou le combat contre les injustices et l’oppression politique l’empêchaient   à se penser pluriel, de s’ouvrir à l’altérité et à la différence.  La fin de la censure et l’essor de la   liberté d’expression et   de la   recherche universitaire et académique ont levé les tabous et les illusions que la société Tunisienne s’ingéniait à entretenir.

Nous retrouvons toutefois des similitudes entre la Tunisie et La France quant aux discriminations vécues et dénoncées. L’égalité homme femme, la question raciale ou celle de l’orientation sexuelle occupent les devants de la scène amplifiées il est vrai par le caractère international des mouvements sociaux qui les portent   

En France, selon son rapport de 2019, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) constate un recul de « l'indice des tolérances » des français et une augmentation des actes racistes. Au total, 1,1 million de personnes disent avoir été « victimes d'au moins une atteinte à caractère raciste, antisémite ou xénophobe » en 2019, selon une enquête de l'INSEE et de l'INED. En outre, le dernier bilan de l’Observatoire National de lutte contre l’Islamophobie montre que les actes anti-musulmans ont augmenté de 53% et les menaces ont explosé de 79% durant l’année 2020.

Face à cette situation alarmante, un rapport d'information sur l'émergence et l'évolution des différentes formes de racisme a été déposé le 9 mars 2021 à l'Assemblée nationale. Il présente 57 propositions afin d'endiguer ce fléau qui fragilise l'ensemble de la société française.

En Tunisie, depuis 2018, une loi criminalise le racisme. Pourtant, les mentalités peinent à changer. Les tunisiens noirs et les subsahariens continuent en effet de subir des actes racistes au quotidien. L'office des Migrations Internationales chiffre à 65 000 le nombre d’étrangers vivent en Tunisie dont 7 000 Ivoiriens.

Malheureusement, encore aujourd’hui, les Noirs en Tunisie subissent toutes les formes de violences. Morales, physiques, économiques, administratives. Qu’on soit noir de Tunisie ou noir d’ailleurs, on subit le même regard, les mêmes traitements et humiliations. C’est un travail de grande halène et en profondeur que la Tunisie doit engager pour rétablir l’égalité de traitement et l’application du droit pour les minorités. Notamment en développant de véritables politiques de sensibilisation au sein des institutions et, plus largement, du grand public.

La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations est l’un des piliers de l’action de la Fédération des Tunisiens de France. C’est pourquoi, outre ses interventions juridiques, ses mobilisations, ses actions en milieu scolaire, l’association souhaite mener une réflexion théorique et pratique sur ces questions, indispensable pour faire vivre l’antiracisme en France et Tunisie.

Il est pourtant important de connaître comment la question de l’égalité et de la différence sont posées et traitées par ces deux pays ?  Ou se situe les forces et les faiblesses dans les luttes contre les discriminations ?

Les acteurs de terrain interrogent les politiques publiques et mettent en exergue les résistances, les dénis qu’opposent la société et les groupes sociaux. Comment procèdent-elles ? Que proposent elles ?   

Nous vous invitons à une rencontre-débat sous forme de visioconférence avec des personnalités Françaises et Tunisiennes, souhaitant partager avec vous leurs recherches et leurs expériences. 

L’ATF vous invite à une réunion Zoom planifiée.

VISIOCONFERENCE SUR LES DISCRIMINATIONS EN FRANCE ET EN TUNISIE

Heure : 30 mars 2021 à 18H30

Participer à la réunion Zoom

https://us02web.zoom.us/j/83311465794

ID de réunion : 833 1146 5794

 Cette visioconférence est organisée avec l’ALIFS, ATF-Aquitaine, IDEAL-83, ATF-13, ATF-Nord, Espace Fârâbi, IDEAL-92, le REMCC et l'Association "Jasmin Solidarité Marseille "

Avec le soutien de  l'ANCT et de la Mairie de Bordeaux

AU PROGRAMME :

Mohamed FAZANI : Discrimination, racisme, préjugés…de quoi parte-t-on ?

Yousra KAADA : Les discriminations à l'égard des femmes

Hajer ARAISSIA : La violence à l'égard des migrantes subsahariennes en Tunisie 

Nesrine Ben BELGACEM :  La discrimination subie par les migrants subsahariens en Tunisie" 

Rencontre animée par Mohamed Lakhdar Ellala, Président de l'ATF et Taoufik Karbia, directeur de l'Alifs

INTERVENANTS.TES :

Mohamed FAZANI, Juriste. Directeur de ALIFS qui appréhende l’intégration et l’exclusion. Spécialisé sur la laïcité et sur le droit et la protection sociale des étrangers.  

 Hajer ARAISSIA, , Chercheure doctorante à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis (FSHST)

Yousra KAADA, Psychologue. Engagée pour la réduction des inégalités et investie dans de multiples associations sur les questions de l'accès aux soins et la souffrance au travail. En particulier celle des femmes. 

Nessrine BEN BELGACEM, Sociologue

 

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 22:38

Communiqué commun dont la LDH est signataire

#YEMENCANTWAIT
 JEUDI 25 MARS 2021, À 12H30
PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS

En présence de porte-paroles des différentes organisations

Alors que le Yémen, au bord de la famine et dont la situation humanitaire est plus catastrophique que jamais, s’enlise dans une septième année de guerre, 12 organisations non-gouvernementales (ONG) humanitaires et de défense des droits humains appellent le président Emmanuel Macron à mettre fin à la complicité silencieuse de la France en cessant ses ventes d’armes aux Etats parties au conflit. A l’appel des ONG, des militantes et des militants se rassembleront ce jeudi 25 mars 2021, à l’occasion d’un grand die-in place de la République à Paris.

Nos 12 organisations appellent le président Macron à faire enfin preuve de courage et à suivre l’exemple de nombreux autres pays exportateurs d’armes. En janvier 2021, le président des Etats-Unis, premier exportateur d’armes au monde, a annoncé la suspension de ventes d’armes aux belligérants au Yémen. Au même moment, l’Italie a adopté la décision historique, suite aux demandes incessantes de la société civile, d’annuler la livraison de plusieurs milliers de bombes et missiles à la coalition en conflit au Yémen.

Le gouvernement français, lui, poursuit inlassablement ses transferts d’armement vers des pays impliqués dans le conflit au Yémen, et ce, malgré les rapports et alertes répétés, depuis maintenant six ans, des organisations de la société civile et des Nations unies sur les crimes de guerre commis au Yémen. La guerre a des conséquences effroyables sur les populations civiles, qui paient le plus lourd tribut à la dégradation continue de la situation humanitaire et économique du pays. Grand oublié de l’actualité, le conflit au Yémen a fait près de 250 000 victimes du fait des affrontements et de la crise humanitaire, selon les Nations unies, alors que près de 20,7 millions de Yéménites, soit 80%de la population, ont besoin d’une aide humanitaire. Le 29 septembre 2020, une résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies a également dénoncé l’usage de la famine des civils «comme méthode de guerre » par toutes les parties au conflit au Yémen. Cette résolution, signée par la France, condamne fermement les violations du droit international humanitaire et droits humains et demande aux Etats de s’abstenir de transférer des armes à toute partie au conflit, lorsqu’ils jugent qu’il existe un risque majeur que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter une violation grave du droit international.

Afin que la France cesse de se rendre complice de crimes de guerre commis au Yémen, nos organisations appellent le gouvernement à mettre ses actes en conformité avec ses engagements internationaux, notamment le Traité sur le commerce des armes. Nous exigeons également la fin de l’opacité du gouvernement français sur ses ventes d’armes et la mise en place d’un contrôle efficient du Parlement sur les exportations de matériels militaires en prenant exemple sur plusieurs de nos voisins européens. Le 18 novembre 2020, le rapport parlementaire de la Mission d’information sur le contrôle des exportations d’armement de la France a acté de cette nécessité d’une transparence renforcée et « d’un véritable pouvoir de contrôle » du Parlement. Le gouvernement d’Emmanuel Macron doit répondre rapidement et positivement à cette exigence de contrôle et de transparence, d’autant plus urgente et essentielle que des millions de vie au Yémen en dépendent.

Nos organisations demandent également au Président de la République de mobiliser la diplomatie française pour :

• Exiger de toutes les parties au conflit l’arrêt immédiat des bombardements et autres attaques contre les populations civiles, les hôpitaux, les écoles et le patrimoine millénaire yéménite classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco ;

• Faire pression pour lever le blocus et toute entrave à l’acheminement de nourriture, fournitures médicales, et carburant conformément au droit international humanitaire et aux résolutions de l’ONU de façon à permettre un accès sans entraves des secours humanitaires à la population civile yéménite.

Liste des 12 ONG signataires :
Amnesty international France, ACAT France, CARE France, Fédération internationale pour les droits humain (FIDH), Handicap International – Humanity and Inclusion, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Médecins du Monde, L’Observatoire des armements, Oxfam France, Première Urgence Internationale, Salam for Yemen, SumOfUs

Paris, le 23 mars 2021

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ EN FORMAT PDF

NOTE À L’ATTENTION DES RÉDACTEURS : 
  • DES PHOTOS DU DIE-IN SERONT DISPONIBLES À CE LIEN À L’ISSUE DE L’ÉVÈNEMENT.
  • ACTION EN LIGNE ET DIE-IN HEBDOMADAIRE : TOUS LES JEUDIS, DU 15 FÉVRIER AU 25 MARS 2021, À L’INITIATIVE D’AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE, UN DIE-IN EST ORGANISÉ SUR LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS POUR DIRE “STOP AUX VENTES D’ARMES IRRESPONSABLES” DE LA FRANCE. LE 25 MARS 2021, À L’OCCASION DU 6ÈME ANNIVERSAIRE DU CONFLIT AU YÉMEN, LES MILITANTS SONT APPELÉS À ORGANISER DES DIE-IN À TRAVERS TOUTE LA FRANCE. DES ACTIONS DE MOBILISATION SONT ÉGALEMENT ACCESSIBLES EN LIGNE.
  • UNE OPINION PUBLIQUE FAVORABLE À UN RÉEL CHANGEMENT EN MATIÈRE DE CONTRÔLE DESVENTES D’ARMES : SELON UN SONDAGE YOUGOV COMMANDÉ PAR SUMOFUS EN 2019, 72% DES FRANÇAISES ET FRANÇAIS S’EXPRIMENT EN FAVEUR D’UN CONTRÔLE RENFORCÉ DU PARLEMENT EN CE QUI CONCERNE LES VENTES D’ARMES. 7 FRANÇAIS SUR 10 SOUHAITENT QUE LA FRANCE SUSPENDE SES VENTES D’ARMES AUX ETATS PARTIES AU CONFLIT AU YÉMEN.
  • NOUVELLES DONNÉES: LA FRANCE RESTE LE 3ÈME PAYS EXPORTATEUR D’ARMES AU MONDE SUR LA PÉRIODE 2016-2020 SELON UN RAPPORT DU STOCKHOLM INTERNATIONAL PEACE RESEARCH INSTITUTE (SIPRI) PUBLIÉ LE 15 MARS 2021. LES PAYS DE LA RÉGION MOYEN-ORIENT ONT PAR AILLEURS AUGMENTÉ DE 25% LEURS IMPORTATIONS D’ARMEMENT SUR LA MÊME PÉRIODE.

 

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