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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 20:31
L’Etat d’abjection, par Jean-François Bayart, CNRS
 
Partagé avec l’aimable autorisation de l’auteur
L’Etat d’abjection
A peine sortis de l’état d’exception, nous nous installons dans l’état d’abjection. La bouche mielleuse, nous parlons de l’impérieux devoir d’asile, mais dans les faits nous traquons les migrants et les réfugiés autour de nos gares, dans les centres d’hébergement, à nos frontières, et jusqu’en mer. 
En Libye, au Soudan, en Erythrée, nous sommes prêts à signer des accords infâmes avec des régimes infâmes. Nous imposons à nos alliés africains de faire le sale travail de refoulement à notre place. 
Nous stigmatisons l’immigration clandestine, mais rendons impossible l’immigration légale dont l’Europe a besoin, économiquement et démographiquement, et ce pour le plus grand bénéfice des passeurs contre lesquels nous prétendons lutter, et le plus grand danger des émigrés que nous assurons vouloir défendre de ces derniers. 
Nous nous alarmons du flot des réfugiés que nos bombardements et nos interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Syrie ont fait grossir. Dans nos villes, nous détruisons de pauvres biens de pauvres hères, nous assoiffons, nous privons d’hygiène et de sommeil, nous condamnons au froid et à l’errance, nous enfermons. Calais est devenu le visage hideux de la République.
De même que l’état d’exception a institué l’Etat d’exception, par l’inscription dans le domaine de la loi ordinaire de plusieurs de ses dispositions temporaires, l’état d’abjection nous conduira à l’Etat d’abjection, par acceptation générale de l’inhumanité sur laquelle il repose. 
Auréolé de son commerce estudiantin avec Paul Ricoeur, le fringant Emmanuel Macron en sera le parfait fondé de pouvoir, dont le ministre de l’Intérieur, hagard et patibulaire, accomplira les basses œuvres. 
D’ores et déjà, il s’emploie à faire taire le malaise qui sourd dans les rangs de son parti. Un consensus honteux se met en place entre la plupart des formations représentées au Parlement, un consensus dont les mots puent le mensonge et l’hypocrisie. Dans la droite ligne d’un Manuel Valls affirmant qu’expliquer c’est excuser, le président de la République entend « se garder des faux bons sentiments » et enfourche le cheval du populisme en opposant les « intellectuels » au « peuple » : « Quand il y a des désaccords entre le peuple et les intellectuels, c’est qu’il y a beaucoup de confusion chez les intellectuels », a-t-il déclaré à Rome le 11 janvier. A quand les jurys populaires pour recruter ou évaluer les universitaires ?
Or, cette politique est dangereuse en même temps qu’elle est abjecte. Elle met en dissidence un nombre croissant de personnes. Les migrants eux-mêmes, bien sûr, qu’elle accule à une clandestinité publique. Mais aussi les militants associatifs ou les simples citoyens qui leur portent assistance, et que pourchassent les forces de l’ordre ou qu’incriminent les juges pour crimes d’humanité. 
 
Les organisations mafieuses d’Europe du Sud ou d’Afrique saharo-sahélienne prospèrent grâce à la rente artificielle que leur procure la prohibition de l’immigration, et elles développent un savoir-faire dans le franchissement illégal des frontières que les djihadistes n’ont pas manqué d’exploiter à leur tour. En Libye, voire dans le Sahel, elles tendent à se militariser, sur le modèle du Mexique, où les cartels tirent parti tout à la fois du convoyage des migrants et du trafic de narcotiques. Le blocage des routes sahariennes désorganise l’économie du nord du Niger, au risque d’y favoriser une reprise de la rébellion touarègue, laquelle se grefferait sur les mouvements djihadistes du Mali. 
La misère et l’exclusion sociale auxquelles on astreint les réfugiés ou les migrants dans nos villes constituent une menace pour la santé publique en les privant de suivi et de soins médicaux, alors même que ces populations en provenance des zones de guerre d’Irak, de Syrie et de Libye sont potentiellement porteuses de maladies graves et de formes de résistance aux antibiotiques qu’a engendrées leur exposition aux métaux lourds et à toutes sortes de pollution, dans les ruines des villes bombardées – l’une des conséquences des guerres de l’Occident que leurs thuriféraires néoconservateurs préfèrent passer sous silence, mais qui est la hantise des hôpitaux. Pis encore, la République, son administration, sa police, sa classe politique, perd son âme et son honneur.
Face à l’état d’abjection qui tourne au crime contre l’humanité et à la violation systémique des droits de l’Homme, et en attendant la saisine de la Cour pénale internationale, désormais inévitable à terme, le fonctionnaire doit faire valoir son devoir de désobéissance à des ordres anticonstitutionnels de nature à compromettre un intérêt public, et le citoyen son droit à la désobéissance civile. La complicité, même passive, n’est plus de mise. C’est en toute clarté intellectuelle qu’il convient de résister à la confusion morale qui entache notre politique migratoire depuis près de cinquante ans.
 
Par Jean-François Bayart

______________________________ _________________
* Migreurop@rezo.net
* abonnement/desabonnement via le web a http://listes.rezo.net/ mailman/listinfo/migreurop/
* archives :  http://listes.rezo.net/ archives/migreurop/

 

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 16:04

Dix migrants ont péri et plus d'une soixantaine d'autres, parmi lesquels de jeunes enfants, ont disparu samedi et dimanche au large de la Libye, selon un nouveau bilan recueilli par plusieurs organismes auprès des survivants.
 

Un premier canot est parti de Garabulli, à 50 km à l'est de Tripoli, dans la nuit de vendredi à samedi, mais au bout de 8 ou 9 heures il a commencé à se dégonfler et à prendre l'eau. Dans la panique, beaucoup de personnes sont tombées à l'eau, tandis que d'autres ont attendu les secours accrochées à ce qu'il restait du canot, avec les cadavres de leurs proches flottant aux alentours.

Prévenus par un avion de surveillance de la mission navale européenne anti-passeurs Sophia, la marine et les gardes-côtes italiens ont pu sauver 86 personnes et récupérer les corps sans vie de six femmes et deux hommes.

Selon les survivants, qui ont rencontré des représentants du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de Médecins sans frontières (MSF) à leur arrivée lundi à Catane, en Sicile, le canot était parti avec 140 à 150 personnes à bord.

Il y a donc au moins 40 à 50 disparus, dont 15 femmes et six enfants âgés de 2 à 6 ans. 

"Nous avons sauvé 86 migrants. Nous avons fait beaucoup de réanimations. Nous avons réanimé deux enfants, une de 2 ans et une de 3 ans, et aussi une femme", a raconté Maria Rita Agliozzo, médecin de l'Ordre de Malte présente sur le navire des gardes-côtes italiens.

La plus jeune des enfants réanimées a perdu sa mère dans le drame mais sera confiée à sa tante.

Selon l'OIM et le HCR, les migrants qui se trouvaient à bord de ce canot venaient de Gambie, de Guinée, du Sierra Leone, du Mali, de Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Cameroun et du Nigeria. 

Dimanche, la marine libyenne est intervenue auprès de deux embarcations en détresse au large de la Libye, parties samedi soir elles aussi de Garabulli, récupérant 290 migrants et les corps sans vie de deux femmes. 

Les migrants ont été reconduits en Libye, où selon l'OIM, ils ont signalé 10 personnes disparues.

En 2017, au moins 3.116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l'Europe, dont 2.833 au large de la Libye, selon un décompte de l'OIM.

Mais les tentatives de traversées sont en forte baisse depuis l'été, après les efforts italiens pour empêcher les migrants de prendre la mer, à la suite d'accords avec autorités et milices libyennes.

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 11:48
Boubakeur pas reçu à l'Élysée? La mosquée de Paris se retire du CFCM

Dalil Boubakeur, à Paris le 21 mars 2016

AFP, publié le mercredi 03 janvier 2018 à 20h15

La grande mosquée de Paris (GMP), mécontente de constater que son recteur, Dalil Boubakeur, n'a pas été invité aux voeux qu'Emmanuel Macron doit présenter jeudi aux autorités religieuses, a annoncé mercredi son retrait du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le président de la République doit accueillir jeudi matin, pour une cérémonie traditionnelle d'échange de voeux, les responsables des cultes, déjà reçus longuement le 21 décembre à l'Élysée.

Chaque culte étant représenté par deux personnes, le CFCM, l'interlocuteur musulman officiel de l'Etat, le sera par son président en exercice depuis juillet Ahmet Ogras (proche de la Turquie) et le prédécesseur de celui-ci, Anouar Kbibech (de sensibilité marocaine).

Généralement convié sous les ors de l'Élysée, le recteur de la GMP (liée à l'Algérie) depuis plus d'un quart de siècle, Dalil Boubakeur, 77 ans, ne le sera pas cette fois.

"Il est surprenant que l'institution religieuse musulmane la plus emblématique de France, fruit d'une loi d'État pour manifester la reconnaissance de la Nation aux milliers de soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, soit ainsi marginalisée voire ostracisée", assène le responsable de la GMP.

"Prenant acte de cette injuste et inexplicable mise à l'écart, la grande mosquée de Paris décide de se retirer de toutes les instances du CFCM et de ne plus participer à toute initiative émanant des pouvoirs publics sur l'organisation du culte musulman", poursuit-il dans un communiqué.

Le recteur Boubakeur, qui s'estime marginalisé depuis qu'il a laissé les commandes du CFCM en 2015, est coutumier de ces sorties fracassantes, généralement suivies de retours plus discrets.

Fin janvier 2017, il avait exprimé son refus de participer au nouveau chantier de "l'islam de France", articulé sur une fondation culturelle, aujourd'hui active sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement, et une association cultuelle de financement, toujours au point mort.

En mars, il avait mené une fronde contre le lancement d'une "charte de l'imam" censée contribuer à la lutte contre la radicalisation, mais à ses yeux inaboutie.

 
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25 décembre 2017 1 25 /12 /décembre /2017 22:44
Noël: le pape appelle à "la paix pour Jérusalem"
Noël: le pape appelle à "la paix pour Jérusalem"
 

Le pape François a placé lundi au coeur de son message de Noël les enfants qui souffrent au Moyen-Orient et dans le monde, et appelé à "la paix pour Jérusalem et pour toute la Terre Sainte".
 

Devant 50.000 personnes venues place Saint-Pierre écouter son message et recevoir la traditionnelle bénédiction "Urbi et orbi" ("à la ville et au monde"), le pape argentin a espéré qu'"une reprise du dialogue l'emporte" pour "parvenir à une solution négociée qui permette la coexistence pacifique de deux Etats".

Après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la Ville sainte comme capitale d'Israël, le pape avait déjà récemment appelé au "respect du statu quo" à Jérusalem, en conformité avec les résolutions des Nations unies.

L'annonce américaine du 6 décembre a provoqué des manifestations quasi quotidiennes dans les Territoires et terni la fête de Noël pour les chrétiens palestiniens.

- 'Dieu est femme' -

Quelques centaines de Palestiniens et de touristes étrangers ont bravé un vent froid près de l'église de la Nativité érigée sur le site où, selon la tradition, Marie donna naissance à Jésus, pour regarder un défilé de scouts. "C'est triste", "les gens sortent peu", a dit à l'AFP Nahil Banoura, un Palestinien de confession chrétienne.

"Nous voyons Jésus dans les enfants du Moyen-Orient, qui continuent à souffrir à cause de l'aggravation des tensions entre Israéliens et Palestiniens", a plaidé lundi depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre le leader des 1,3 milliard de catholiques.

Dans son tour d'horizon du monde, le pape a évoqué aussi les petits syriens "encore marqués par la guerre", espérant que la Syrie s'engagera à "reconstituer le tissu social indépendamment de l'appartenance ethnique et religieuse".

Il a parlé des enfants d'Irak, pays "encore blessé et divisé par les hostilités" des quinze dernières années, mais aussi du Yémen "où se déroule un conflit en grande partie oublié" alors que la population y subit la faim.

En référence à la course à l'armement du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, il a dit prier "pour que dans la péninsule coréenne les oppositions puissent être dépassées et que la confiance réciproque puisse se développer dans l'intérêt du monde entier". 

Son appel au dialogue intervient alors que la Corée du Nord a qualifié dimanche d'"acte de guerre" les nouvelles sanctions votées par le Conseil de sécurité de l'ONU, réaffirmant qu'elles ne la dissuaderaient pas de mener à bien ses programmes nucléaire et balistique.

François est aussi revenu sur les réfugiés, un thème qu'il avait déjà décliné lors de son homélie de la veillée de Noël. Lundi, il s'est alarmé des nombreux mineurs voyageant "seuls dans des conditions inhumaines, proies faciles des trafiquants d'êtres humains". 

Deux heures avant la bénédiction du pape, une Femen a fait irruption seins nus dans la crèche géante du Vatican place Saint-Pierre, et s'est emparée de la statuette de l'enfant Jésus en criant en anglais "Dieu est femme!", avant d'être arrêtée par la police.

Autre temps fort des célébrations de Noël, la messe de minuit dans l'antique Bethléem, en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, n'avait pas échappé aux tensions du moment.

Pierbattista Pizzaballa, haut dignitaire catholique romain du Proche-Orient qui a célébré la messe, a exhorté au courage les chrétiens, "préoccupés et peut-être épouvantés de la diminution de (leur) nombre" dans une région en plein tumulte.

Et il s'est écarté de son discours prévu pour critiquer la décision de Donald Trump, imitée dimanche par le Guatemala.

- Noël de retour à Mossoul -

En Syrie et en Irak, deux pays d'où le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a été chassé en 2017 de la quasi-totalité des territoires qu'il avait conquis, des minorités chrétiennes ont pu renouer avec les célébrations de Noël.

C'est le cas à Mossoul, la deuxième ville d'Irak, reprise à l'EI en juillet. Même si seule une petite partie des chrétiens de cette cité est revenue, des chants de Noël ont de nouveau résonné dans l'église Saint-Paul, où des tentures rouges et blanches cachaient en partie les stigmates de la guerre.

La situation des chrétiens d'Orient demeure toutefois précaire, comme en Egypte, où les coptes, qui fêteront Noël le 6 janvier, sont régulièrement victimes d'agressions.Vendredi, une église du Caire a été attaquée par des centaines d'individus qui s'en sont pris aux fidèles avant l'intervention des forces de sécurité.

Dans son traditionnel message de Noël, la reine Elizabeth II a pour sa part rendu hommage aux victimes des attentats survenus au Royaume-uni en 2017. Sur une note plus personnelle, la monarque de 91 ans a évoqué son couple qui a fêté ses 70 ans de mariage en novembre, et rendu hommage à son époux le prince Philip, âgé de 96 ans, qui a pris sa retraite cet été.

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 11:56
Radio Soleil rend hommage à la mémoire de son ancien Directeur et notre ami et camarade Majid Daboussi

 

Radio Soleil rend hommage à la mémoire de notre ami et camarade Majid Daboussi, dimanche 5 novembre à 15h à la salle Saint Bruno 9 rue Saint Bruno 75018 Paris (en face de l'église Saint Bernard et du Square Said Bouziri)

tous ceux qui ont connu et apprécié Majid sont invités cordialement à ce moment de souvenir.

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 13:06

 

[ A PARTAGER, A FAIRE CIRCULER AUPRES DES ASSOCIATIONS DU 10e L'APPEL

du "Collectif des associations du 10e pour la sauvegarde de la vie associative" :

apportez la signature de votre association à : Collectifassociationsdu10e@gmail.com ]

 

Collectif des associations du 10e pour la sauvegarde de la vie associative

Si nous ne faisons rien …...
vous le savez, nos associations sont en danger.

Nous, associations signataires, nous engageons à nous mobiliser pour éviter ce scénario !

Premiers signataires :

  1. Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT)
  2. Association des Tunisiens en France (ATF)
  3. Association Minima
  4. ATTAC Paris Centre
  5. A toi théâtre
  6. AIRES 10
  7. Centre d'Accueil Médicalisé et de Réinsertion Economique et Sociale (CAMRES)
  8. Centre d'animation de Paris 10ème - CRL10
  9. Cie Bouche à Bouche
  10. Conseil Citoyen du 10e
  11. Elle tourne la page
  12. Ensemble, nous sommes le 10e
  13. Espace Farabi
  14. Espace Universel
  15. Français Langue d'Accueil - FLA
  16. Institut Métapsychique International
  17. La compagnie Niaba
  18. La Main sur l'Image
  19. LDH 10/11
  20. Le Pari's des Faubourgs
  21. Les Quatre Horizons
  22. Mouvement d'Entraide pour le Tiers Monde et la Coopération (ETM)
  23. Robert Bernard Desnos
 
 
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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 18:33
Réfugiés et inégalités Nord - Sud
 
Les textes, manifestes et appels diffusés depuis plusieurs années par des associations nombreuses et des organisations politiques en faveur de l' accueil des migrants n' a pas rencontré jusqu'à présent beaucoup de succès auprès des diverses institutions interpellées.
Parallèlement à ces actions, en replaçant la question de l' accueil des migrants dans le cadre général des inégalités Nord - Sud ( dont elle n' est qu' un des aspects ), des mobilisations pour des rapports plus égalitaires avec les pays d' origine pourraient ( peut être ? ) mieux et plus largement faire comprendre l' iniquité des situations là bas et ici, et donc modifier le rapport de forces.
 
L' anthropologue Claude Meillassous résumait en quelques lignes en 1977 la continuité de l' exploitation: ( repris en 2013 par l' économiste argentin José Luis  Corraggio [1] )
" L' accumulation primitive a accompagné toute la modernité et continue sous des formes plus ou moins pacifiques: les mines à ciel ouvert, l' extraction du pétrole qui empiète sur l' habitat indigène ou populaire, l' imposition du paiement usurier des dettes illégitimes, la continuelle exploitation indirecte du travail domestique des femmes et des enfants qui a lieu désormais à l' échelle globale, ou encore l' utilisation de l' État pour consolider la propriété privée de ressources qui sont le patrimoine de peuples ancestraux ou de l' humanité. Les formes qu' a prises la relation centre/périphérie après la colonisation ne sont aucunement dénuées de violence, la dépendance politique et la gestion des dettes allant des blocus par des flottes étrangères jusqu'aux conditions posées par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. "
 
La revue Alternatives Sud " L' aggravation des inégalités " (2015)[2]   indique dans sa présentation: " Quant à l' écart entre pays riches et pays pauvres, si son explosion remonte à la période coloniale, il a encore pratiquement triplé depuis lors pour atteindre un rapport de 80 à 1. "
 
Dans une interview dans l' Express ( 5/5/2014 ) " Inégalités en Afrique: Agissons maintenant ! " le politicien franco-togolais Kofi Yamgnane dénonçait notamment l' accaparement des terres par des multinationales ou des États étrangers, et s' inquiétait de l' impact des inégalités ( paupérisation, délitement des solidarités, corruption et instabilité ).
 
Patrick Chamoiseau a commenté son livre " Frères migrants " sur le site Diacritik [3] le 10/7/2017:
" Laisser-mourir est devenu politiquement rentable car cela laisse penser que l' on s' érige protecteur contre la mise en relation de nos humanités. Seule la mise en contact régulée par le Marché est acceptable."
" L' imaginaire inavoué de l' Europe est l' Empire. (...) Car l' Empire est en soi un isolement. "
 
En fait  l' expression de la solidarité des pays occidentaux a évolué et a considérablement bifurqué vers l' action des ONG. 
Voici ce qu' écrivait en 2009 à propos des ONG le consul du Burkina Faso de Nice [4]:
" Si à la naissance de l' ONU on en dénombrait moins d' une cinquantaine, elles seraient à l' heure actuelle près de 40.000 dans le monde. Depuis que le concept de " village planétaire " a été véhiculé par les médias (...) les États et les Organisations internationales à l' échelle planétaire tiennent de plus en plus compte de ces acteurs atypiques que sont les ONG (...).
La prise de conscience de la communauté internationale est telle en ce début du XXIè siècle, que les ONG et ce que l' on appelle communément la " société civile " sont des acteurs politiques majeurs de la vie internationale. "
 
En 2003 la géographe Sylvie Brunel [5] a donné une conférence à l' Université de tous les savoirs ", sur le thème " Les ONG et la mondialisation "
" En préambule, un constat s' impose: depuis la fin de la guerre froide, les ONG explosent et jouent un rôle croissant sur la scène internationale.
ONG " de terrain " comme mouvements de lobbying et de sensibilisation, ONG du Nord et du Sud, ONG " associatives " mais aussi ce que les Anglo-Saxons appellent les " gongos " ( gouvernemental NGO...) tirant leurs ressources des financements publics, les ONG sont partout, l' humanitaire fait recette et ses hérauts figurent en tête des personnalités préférées des opinions publiques. " S. Brunel s' interrogeait ensuite sur la légitimité des ONG, leur transparence et surtout:  " L' action humanitaire contribue-t-elle vraiment, aujourd'hui, au développement ? "
 
La dernière livraison parue ( 2017 ) de la revue Alternatives Sud porte en titre " ONG  Dépolitisation de la résistance au néolibéralisme ? " [6]   elle introduit beaucoup de questions et de préoccupations salutaires.
 
Les ONG agissent et s' activent, parfois dans des conditions d'urgence extrême; elles obtiennent des résultats et facilitent des évolutions; mais n' influent pas sur le rapport de force global et n'infléchissent pas l'orientation dominante.
 
Sensibiliser et mobiliser l' opinion publique pour la résorption des inégalités permettrait d' avancer vers le " monde dans la perspective des migrants "  que définit Patrick Chamoiseau: " [3] Ce serait un monde qui se perçoit, se vit, se réalise et s' organise comme un monde dans la totale plénitude du vivant. (...) Dans un tel monde, la mobilité de tous vers tous et par tous devient une donnée élémentaire de base qui ne s' oppose à aucune permanence ni à aucune sûreté collective. Ce sera le monde de la Relation ! "
 
 
[1]   " Socioéconomie et démocratie " Isabelle Hillenkamp et Jean Louis Laville mai 2013 éd. Erès
[2]  Julie Godin 09/2015 éd. Syllepse
[4]  Lettre n° 16 du consulat - avril 2009. Le mot du Consul: " Les ONG à l' heure de la mondialisation "
[5]  Le Monde 25/06/2003, présentation de la conférence de Sylvie Brunel du 22 /07/2003
[6]  Julie Godin 05/2017 éd. Syllepse
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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 18:18
Macron veut des « hébergements d'urgence partout »
LES ECHOS  
 
 
 
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Le président de la République a annoncé la création de « hotspots » en Libye.

En déplacement hier à Orléans pour participer à une cérémonie de naturalisation, Emmanuel Macron en a profité pour prononcer un discours sur l'accueil des migrants. Tout en rappelant la «  tradition d'accueil » de la France, il a réaffirmé la ligne gouvernementale séparant le traitement des demandeurs d'asile et des migrants économiques. «  Il n'existe pas le pays qui peut aujourd'hui accueillir l'ensemble des migrants économiques », a admis le Président , qui a rappelé que près d'un million de personnes sont actuellement en Libye pour tenter la traversée de la Méditerranée.

Décidé à agir en amont, Macron a annoncé la création cet été de «  hotspots » en Libye, des centres d'examen de demandes d'asile. Le but est de dissuader les personnes non éligibles au droit d'asile d'entamer une traversée périlleuse. Une proposition qui laisse les associations de défense des migrants dubitatives, car parmi les « hotspots » déjà existants en Libye, certains ressemblent plus à des zones de non-droit, gérées par des milices, voire des trafiquants, que de véritables centres de rétention. «  Qui M. Macron va-t-il envoyer là-bas pour gérer ces « hotspots » ? Quelles garanties pour assurer que les droits des personnes soient respectés ? » s'interroge l'association Human Rights Watch. L'Elysée a d'ailleurs précisé jeudi soir que cette solution n'était «  pas possible aujourd'hui » et qu'  « une mission de faisabilité » se tiendrait «  fin août ».

Plus d'hébergements

Le président de la République s'est exprimé sur l'hébergement des migrants arrivés en France et en attente de demande d'asile. «  Je ne veux plus, d'ici la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus [...] Je veux partout des hébergements d'urgence », a affirmé Emmanuel Macron. Une position qui va à 180 degrés de celle défendue par son ministre de l'Intérieur. Gérard Collomb s'était opposé en juin dernier à toute nouvelle ouverture de centres pour migrants. Le budget de l'hébergement d'urgence étant régulièrement sous-doté, la promesse du président sera compliquée à tenir. Emmanuel Macron s'est par ailleurs engagé à une «  réduction drastique » des délais de traitement des demandes d'asile.

C. M., Les Echos
Macron veut des « hébergements d'urgence partout »
LES ECHOS  
 
 
 
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Le président de la République a annoncé la création de « hotspots » en Libye.

En déplacement hier à Orléans pour participer à une cérémonie de naturalisation, Emmanuel Macron en a profité pour prononcer un discours sur l'accueil des migrants. Tout en rappelant la «  tradition d'accueil » de la France, il a réaffirmé la ligne gouvernementale séparant le traitement des demandeurs d'asile et des migrants économiques. «  Il n'existe pas le pays qui peut aujourd'hui accueillir l'ensemble des migrants économiques », a admis le Président , qui a rappelé que près d'un million de personnes sont actuellement en Libye pour tenter la traversée de la Méditerranée.

Décidé à agir en amont, Macron a annoncé la création cet été de «  hotspots » en Libye, des centres d'examen de demandes d'asile. Le but est de dissuader les personnes non éligibles au droit d'asile d'entamer une traversée périlleuse. Une proposition qui laisse les associations de défense des migrants dubitatives, car parmi les « hotspots » déjà existants en Libye, certains ressemblent plus à des zones de non-droit, gérées par des milices, voire des trafiquants, que de véritables centres de rétention. «  Qui M. Macron va-t-il envoyer là-bas pour gérer ces « hotspots » ? Quelles garanties pour assurer que les droits des personnes soient respectés ? » s'interroge l'association Human Rights Watch. L'Elysée a d'ailleurs précisé jeudi soir que cette solution n'était «  pas possible aujourd'hui » et qu'  « une mission de faisabilité » se tiendrait «  fin août ».

Plus d'hébergements

Le président de la République s'est exprimé sur l'hébergement des migrants arrivés en France et en attente de demande d'asile. «  Je ne veux plus, d'ici la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus [...] Je veux partout des hébergements d'urgence », a affirmé Emmanuel Macron. Une position qui va à 180 degrés de celle défendue par son ministre de l'Intérieur. Gérard Collomb s'était opposé en juin dernier à toute nouvelle ouverture de centres pour migrants. Le budget de l'hébergement d'urgence étant régulièrement sous-doté, la promesse du président sera compliquée à tenir. Emmanuel Macron s'est par ailleurs engagé à une «  réduction drastique » des délais de traitement des demandes d'asile.

C. M., Les Echos

 

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 18:15
Réfugiés: Bové appelle Macron à "ouvrir les frontières"
Réfugiés: Bové appelle Macron à

L'eurodéputé écologiste Jose Bové en conférence de presse à Montréal, le 12 octobre 2016

AFP, publié le samedi 22 juillet 2017 à 20h56

Le député européen José Bové (EELV) en a appelé samedi au président de la République Emmanuel Macron pour que la France "accepte d'ouvrir ses frontières" aux "réfugiés", au cours d'un rassemblement à Tende (Alpes-Maritimes).

"La France n'assume pas son rôle d'accueil" et le défenseur des droits Jacques Toubon "le dit aussi", a déclaré M. Bové au cours d'un rassemblement de soutien à l'association locale Roya Citoyenne, qui vient en aide aux migrants venant depuis l'Italie voisine. 

Il faut que la France "accepte d'ouvrir ses frontières et accueille un nombre de réfugiés qui corresponde à notre pays", a-t-il dit. Il a appelé à "faire sauter la convention de Dublin", qui crée, selon lui, une situation intenable dans laquelle les migrants sont obligés de déposer leur demande d'asile dans le premier pays d'accueil. 

"Les Etats européens se cachent derrière cette convention pour ne pas accueillir dans la dignité ces personnes qui traversent la Méditerranée au péril de leurs vies", a-t-il ajouté.

M. Bové a également volé au secours des militants de l'association Roya Citoyenne, dont plusieurs membres sont jugés en appel et encourent des peines de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants. "Ce sont eux les vrais représentants de l'esprit européen", a salué M. Bové. "Le travail des associations dans la vallée de la Roya mériterait d'avoir le prix Sakharov des droits de l'Homme", a-t-il affirmé.

Il a en revanche critiqué "les élus qui soufflent sur les braises quand ils disent que les réfugiés amènent des dangers", citant notamment Eric Ciotti, président Les Républicains (LR) du département des Alpes-Maritimes, que M. Bové accuse de "bafouer les principes de la République" et de "jouer sur les peurs."

L'association Roya Citoyenne est assignée en justice par un autre élu local, Olivier Bettati, conseiller régional apparenté FN. L'élu demande sa dissolution en l'accusant d'être "la base logistique sur laquelle M. Herrou s'appuie pour organiser des passages de réfugiés de l'Italie vers la France". Le tribunal de Nice doit se pencher le 13 octobre sur sa demande.

vxm/bat/DS

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 22:14

https://www.humanite.fr/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-revenez-sur-lannulation-des-credits-politique-de-la

Lettre ouverte au Président de la République. Revenez sur l’annulation des crédits « politique de la ville » du budget 2017 de l’État

Vendredi, 11 Août, 2017- L'Humanité.

 

L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. Cinquante maires sont les premiers signataires d'une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron dans les pages de l'Humanité. 

Monsieur le président de la République,

Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Les signataires :

Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino, sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc, Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern, maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bernard Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli, maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

 

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