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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 13:49

 Non, Netanyahou n'est pas le bienvenu, ni à Paris ni à Bruxelles !

Le Président Trump vient de céder aux revendications anciennes des autorités israéliennes et des groupes de pressions sionistes chrétiens étatsuniens en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en annonçant le transfert de son ambassade.  Autant de décisions illégales au regard du Droit international.

Le Président Macron a qualifié de "regrettable" cette décision et a rappelé que "la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens".

L'Union européenne, par la voix de Federica Mogherini, a mis en garde contre les graves répercussions que cette décision pourrait entraîner.

Mais alors pourquoi accueillir le criminel de guerre Netanyahou le 10 décembre à Paris et le 11 décembre à Bruxelles ?

Dans un tel contexte, recevoir à Paris Netanyahu le 10 décembre, et à Bruxelles le 11 , constitue un gage d'acceptation de cette reconnaissance qu'il revendique depuis toujours. Une véritable provocation.

Le premier Ministre du gouvernement israélien qui poursuit  une occupation meurtrière, une colonisation acharnée,  interdit l'entrée de parlementaires francais, intensifie les arrestations de militant-e-s de droits de l'Homme tel que Salah Hamouri, la député palestinienne Khalida Jarrar, et des centaines d'autres résistant-e-s Palestiniens, continue ​les bombardements et l'étranglement de la population de Gaza  n'est pas le bienvenu en France, sa place est au tribunal international de la Haye sur le banc des accusés pour crimes de guerre.

 

Rassemblement pour dénoncer cette venue scandaleuse le 9 décembre 2017 à 14H sur la place de la République – Paris

 

Premiers signataires: AFPS Paris Sud – AMDH Paris – Argenteuil Solidarité Palestine – ATF – ATTAC France – ATMF – AURDIP - BDS France Paris – Cedetim/Ipam – Centre philippe Grenier – Collectif Ivryens pour la Palestine – Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah – Collectif Montreuil Palestine – CMF – CVPR PO – Ennahda France - Ensemble – Ettakatol France – Forum Palestine citoyenneté - FTCR - NPA – PIR – PCOF – Solidaires – Sortir du colonialisme – UJFP -

 

 

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 13:46

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L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.
Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre »

La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ? 
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ».
Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

Le Bureau national de l’UJFP le 8 décembre 2017


Consulter ce communiqué sur notre site
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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 18:18

Rassemblement Samedi 9 Décembre 2017 à 14H Place de la République, Paris

 

 

ALQODS capitale éternelle de la Palestine

Nous, associations et partis signataires, exprimons notre indignation devant la déclaration du président américain confirmant son autorisation de déplacer l’ambassade des États Unis d’Amérique à Jérusalem.
Cette autorisation ressemble bien à une déclaration de guerre contre le peuple palestinien, car elle permet à Israël d’annexer la ville en dépit de toutes les résolutions des nations unies sur le statut de Jérusalem.
Elle est aussi un coup de force contre les peuples de la région attachés à la cause du peuple palestinien et ses droits nationaux et légitimes à un état souverain avec Jérusalem comme capitale. 
Cette décision n’a été prise qu’avec le silence honteux des régimes arabes occupés par des divisions et guerres fratricides. 
Nous dénonçons cette attitude guerrière du président américain et collusion avec le gouvernement sioniste de Netanyahou. 
Nous exprimons notre entière solidarité avec la résistance palestinienne dans sa lutte quotidienne contre l’occupation Israélienne. 
Nous appelons les peuples épris de paix et de liberté et la communauté internationale à manifester leur opposition à cette décision inique, exprimer leur soutien au peuple palestinien et à faire respecter le droit international. 

Nous vous appelons à signer cet appel et à rejoindre le rassemblement du 9 décembre 2017 à 14h à la place de la république.

Vive ALQODS capitale éternelle de la Palestine !
 
Les Premiers signataires : 

 Associations 
ADTF, AMF, ATF, CTF, FTCR, UTIT


Les partis politiques
ALJOUMHOURI France
AL MASSAR France 
ATTAYAR France 
ETTAKATTOL International 
FRONT POPULAIRE
PADS (Maroc)
Mouvement Echaâb
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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 22:14

 

 

A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, l'Association des Tunisiens en France (ATF) en partenariat avec l'Espace Fârâbi organisent une exposition d'affiches contre le VIH/Sida dans l'Espace Fârâbi du 01  au 09 décembre 2017.
 
L'espace  Fârâbi  est ouvert chaque jour de 14h00 à 17h00, entrée libre.

 

 

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 15:37

AFP, publié le mercredi 29 novembre 2017 à 15h08

Donald Trump a relayé mercredi sur son compte Twitter une série de vidéos anti-musulmans publiées par un parti politique britannique d'extrême droite, suscitant des réactions indignées au Royaume-Uni.

Ces trois vidéos, tweetées par Jayda Fransen, vice-présidente du parti d'extrême droite Britain First, montrent des exactions commises par des personnes présentées comme des musulmans sans donner aucun contexte. Un procédé classique des "trolls" d'extrême droite sur les réseaux sociaux.

La première vidéo, intitulée "Un immigré musulman tabasse un Néerlandais en béquilles", semble avoir été filmée aux Pays-Bas, à une date indéterminée, sans que cela soit avéré.

La deuxième, "Un musulman détruit une statue de la Vierge Marie", a été publiée en 2013 sur YouTube. Selon sa description sur la plateforme de vidéos, elle a été filmée en Syrie et montre un membre de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) détruisant une statue de la Vierge Marie.

La troisième vidéo, "Foule islamiste pousse un adolescent du toit et le bat à mort", a également été mise en ligne en 2013. Particulièrement violente, elle est présentée comme ayant été filmée en Egypte.

Les trois vidéos ont été retweetées par le président américain entre 06h35 et 06h45 du matin (entre 11H35 GMT et 11h45 GMT).

"Le président des Etats-Unis promeut un groupe haineux fasciste, raciste et extrémiste dont les dirigeants ont été arrêtés et condamnés. Il n'est ni un allié ni un ami", s'est insurgé sur Twitter le député travailliste David Lammy (opposition). Il s'est adressé directement à Donald Trump, lui disant qu'il n'était "pas le bienvenu" au Royaume-Uni. 

Stephen Doughty, un autre député du Labour, a estimé que ces vidéos étaient "hautement polémiques", tandis que sa consoeur Yvette Cooper a estimé que Trump donnait à Jayda Fransen une "tribune immense".

Cette dernière s'est félicitée de l'initiative du président américain, tweetant: "Que Dieu vous bénisse Trump! Qu'il bénisse l'Amérique".

"Trump a légitimé l'extrême droite dans son propre pays, maintenant il essaie de faire de même dans le nôtre", a dénoncé Brendan Cox, mari de la députée travailliste Jo Cox, assassinée en 2016 par un extrémiste qui a été entendu crier à plusieurs reprises "Britain First" lors du crime. "Propager la haine a des conséquences et le président devrait avoir honte de lui-même", a-t-il ajouté sur Twitter. 

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 12:41

Articles récents Disparition de l’anthropologue Françoise Héritier : hommage à une femme d’exception

Françoise,
La nouvelle de votre disparition vient de nous arriver et elle nous remplit d’une tristesse infinie.
Vous étiez pour les femmes, et certains hommes, une puissante source d’inspiration pour penser les rapports humains et en particulier les modes de construction des rapports femmes/hommes dans le temps et l’espace et la dimension systémique, toujours à l’œuvre, de la domination masculine. Avec votre force tranquille, vous avez été de tous les combats pour défendre la liberté des femmes, leur accès au savoir et le respect de leur intégrité tant physique que morale et intellectuelle.
Françoise, que nous vous connaissions personnellement ou pas, nous vous aimions comme une amie, votre intelligence immense nourrie par une empathie et une bienveillance actives vont immensément nous manquer dans une époque qui en est cruellement dépourvue. Vous méritez d’entrer au Panthéon afin que vos livres et vos paroles nourrissent vigoureusement les générations à venir pour la construction d’un monde plus juste qui sache déconstruire tous les modes de domination, dont vous avez brillamment montré qu’ils prenaient leur source dans celui qui sévit encore entre les hommes et les femmes.
Merci Françoise pour tout ce que vous nous avez apporté, nous continuerons vos combats et propagerons vos écrits qui sont d’ors et déjà un des trésors de notre matrimoine.
 

Texte de l’exposition Infinités Plurielles de Marie-Hèlène Le NY accompagnant son portrait

«  J’ai appelé valence différentielle des sexes un type de rapport universel qui fait que le rapport sexué est toujours orienté dans un système de valeur qui met les valeurs positives du côté du masculin et les valeurs négatives du côté du féminin. Ce terme de chimie m’a paru assez bien approprié à ce que je voulais dire, par cet équilibre particulier entre valeur et balance. Il apparaît que ce rapport sexué est vraisemblablement à la base d’une organisation mentale qui nous permet de penser, et qui nous oblige à passer par des catégories dualistes, qui organisent l’univers d’une façon aussi bien concrète qu’abstraite. Ce sont des catégories très simples : le chaud et le froid, le sec et l’humide, le sain et le malsain… et des catégories plus philosophiques comme le un et le multiple, le simple et le complexe, la transcendance et l’immanence. Toutes les sociétés utilisent un langage binaire comportant une appréciation de la place qui est dévolue à chaque sexe.

Nos sociétés ne seraient pas ce qu’elles sont s’il n’y avait pas au départ la domination du masculin sur le féminin. C’est la domination princeps, celle qui a donné le modèle de tous les autres types de domination :  maître/esclave, colonisateur/colonisé, patron/ouvrier, bien portant/handicapé. Tous les rapports de domination utilisent le même cortège de mesures empêchant le dominé d’être considéré comme une personne à part entière. C’est l’impossibilité d’accéder à l’éducation parce que l’éducation ouvre l’esprit critique et rend libre – raison pour laquelle les filles en sont davantage privées, et aussi l’impossibilité d’accéder à des fonctions de pouvoir ou de responsabilité. Le tout est noyé dans un langage de mépris qui va de l’un à l’autre sexe, le langage de la subordination. On parle de stéréotypes et de préjugés, ces idées toutes faites assoient l’ensemble du système, elles sont le fondement même et la manière dont s’exprime le langage de la domination. »

 

50-50 magazine avait interviewé Françoise Hériter lors du colloque organisé, en mars 2016, par le réseau féministe Rupture, dédié à la création d’un Tribunal Pénal International (TPI) en République Démocratique du Congo (RDC)

 

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 12:38

Articles récentsViolences faites aux femmes au travail : des chiffres et des lois

En 2007, l’enquête INSEE montrait que 25% des agressions sexuelles et 4,7% des viols dont sont victimes les femmes se sont produits sur leur lieu de travail. Des chiffres inquiétants…  Revenons sur les enquêtes de cette dernière décennie et sur le cadre juridique français pour tenter d’expliquer un phénomène enfin au cœur des débats.

D’après l’étude sur les relations de travail entre les femmes et les hommes sur la base d’une consultation des salarié·e·s de neuf grandes entreprises menée par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en 2013, 80% des femmes salariées considèrent que, dans le monde du travail, les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou comportements sexistes.

L’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF) de 2000 précise que 17 % des cas de harcèlement, 8,5% des cas d’agressions verbales, 0,6% des cas d’agressions physiques, 2,2% des cas de destructions du travail et de l’outil de travail sont dénoncés. Les violences au travail sont des blagues sexistes ou sexuelles, des insultes, des avances sexuelles verbales gênantes ou agressives, du « pelotage », du voyeurisme, des attouchements … ou des viols.

Selon l’enquête IFOP pour le Défenseur des droits de 2014, 1 femme sur 5 a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle, mais 5% seulement des cas ont fait l’objet d’un procès. 64% des répondants de l’enquête estiment qu’il est fréquent qu’une personne subisse un environnement de travail avec des blagues à caractère sexuel, mais plus de la moitié considère qu’il ne s’agit pas de harcèlement. Près de 60% des hommes interrogés pensent d’ailleurs que ce n’est « pas très grave ». Pour 75% des victimes de harcèlement sexuel au travail, il s’agissait de gestes ou de propos à connotation sexuelle répétés.

Pour ce qui est des auteurs de harcèlement, il s’agit majoritairement des collègues (41%), puis des employeurs dans 22% des cas, d’un supérieur hiérarchique dans 18% des cas et d’un client dans 13% des cas. Presque un tiers des victimes ont déclaré ne s’être confiées à personne. Lorsqu’elles osent en parler, leurs premiers confidents sont leurs proches (55% des cas), leurs collègues (43%) et en minorité les instances de représentation du personnel (7%). En revanche, dans 70% des cas, la direction ne prend jamais connaissance de ces situations. Lorsque c’est le cas, 40% des victimes estiment qu’elles ont été lésées dans le traitement de l’affaire et 48% considèrent que l’auteur n’a finalement pas été sanctionné. Et lorsque il est sanctionné, il s’agit de sanctions disciplinaires dans 43% des cas, de licenciement (30%), de non-renouvellement du contrat (26%) et, de mutation (13%).

Parmi les victimes, un tiers révèle des atteintes à leur santé physique et mentale mais les situations de harcèlement impactent aussi fortement leur carrière. En effet, 28% déclarent que leur carrière a été bloquée, 14% mentionnent le non-renouvellement de leur contrat, 9% démissionnent à la demande de leur employeur, 7% sont mutées, et 5% subissent des refus d’embauche.

Le cadre juridique

Malgré l’arsenal juridique existant en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, ce n’est qu’en 1975 que les institutions ont commencé à légiférer sur le thème de l’égalité professionnelle en incluant la question du harcèlement sexuel.

Au niveau communautaire, la directive du 9 février 1976 pose le principe de « l’égalité de traitement entre hommes et femmes en ce qui concerne l’accès à l’emploi, y compris la promotion, et à la formation professionnelle ainsi que les conditions de travail et […] la sécurité sociale » (1). Cette directive sera transposée en France en 1983 avec la loi Roudy qui réaffirme le principe d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes  en instaurant l’obligation pour les entreprises de réaliser un rapport sur la situation comparée des femmes et des hommes dans l’entreprise qui « comporte une analyse chiffrée permettant d’apprécier, pour chacune des catégories professionnelles de l’entreprise, la situation respective des femmes et des hommes en matière d’embauche, de formation, de promotion professionnelle, de qualification, de classification, de conditions de travail et de rémunération effective » (2). Ce rapport de situation comparée permet de mettre en exergue les inégalités au sein de l’entreprise et de définir ainsi la marche à suivre pour les réduire.

En 1983, la loi Le Pors se focalise sur l’égalité entre fonctionnaires et interdit tous types de harcèlement sexuel à l’encontre d’un·e fonctionnaire. Elle dispose en effet qu’« aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leur sexe [et qu’]aucun fonctionnaire ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant » (3).

En 2008, la loi définit le principe de discrimination en incluant la question de harcèlement sexuel : « la discrimination inclut tout agissement lié à l’un des motifs mentionnés au premier alinéa et tout agissement à connotation sexuelle, subis par une personne et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant » (4).

Le code du travail précise que « Aucun salarié ne doit subir des faits : soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante; soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers» (5).

En 2012, la loi relative au harcèlement sexuel précise sa définition : « Le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d’user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers » (6).

Dans un rapport de 2015, le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle apporte des précisions : « le sexisme au travail s’entend de toute croyance qui conduit à considérer les personnes comme inférieures à raison de leur sexe ou réduites essentiellement à leur dimension sexuelle, et de tout geste, propos, comportement ou pratique, fondés sur une distinction injustifiée […]. Il inclut des actes allant du plus anodin apparemment, à la discrimination fondée sur le sexe, au harcèlement sexuel, sexiste ou moral motivé par le sexe de la personne, à l’agression sexuelle, la violence physique, le viol ».

Manon Choaler, 50-50 Magazine

1- Directive du Conseil du 9 février 1976 n°76/207/CEE relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre hommes et femmes en ce qui concerne l’accès à l’emploi, à la formation et à la promotion professionnelles, et les conditions de travail, article premier

2- Loi n°83-635 du 13 juillet 1983 dite « loi Roudy » portant modification du code du travail et du code pénal en ce qui concerne l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, article 11 qui insère l’article L. 432-3-1 au le code du travail

3- Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dite Loi Le Pors, article 6 bis

4- LOI n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations

5- Art. L.1153-1 du code du travail

6- Loi n° 2012-954 du 6 août 2012, Art. 222-33.-I et art. 222-33-II

 

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 12:34

Articles récentsCatherine Le Magueresse: « Le droit ne permet pas véritablement de poursuivre les violences sexuelles contre les enfants »

Les dernières décisions de justice de Pontoise et de Seine et Marne ne font que révéler les manquements de la loi sur le traitement des affaires de viol d’enfant. A Pontoise le tribunal correctionnel parle d’atteinte sexuelle pour un viol, en Seine et Marne la cour d’assises a considéré que les conditions pour parler de viol n’étaient pas établies, dans les deux cas les victimes étaient des filles de 11 ans. Catherine le Magueresse, juriste féministe, revient sur l’affaire de Pontoise pour montrer les difficultés inhérentes à la définition du viol par la loi pour faire valoir les droits des victimes, en particulier des enfants. Elle énonce la nécessité de revoir la définition légale du consentement si l’on veut que le système judiciaire soit à la hauteur des demandes pour une société plus juste pour les filles et les femmes victimes de violences sexuelles.
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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 12:32

DOSSIERSEn Tunisie: 34,5% de femmes à l’Assemblée nationale

Anware Mnasri est  juge au tribunal administratif de Tunis, présidente de la première chambre de première instance. Elle est également militante de la Ligue des électrices Tunisiennes. Elle présente son associations et la situation politique, juridique et sociale de son pays sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes.

 

Quel est l’objectif de la Ligue des électrices ?

L’objectif de la ligue est de veiller à instaurer le principe d’égalité entre femmes et hommes dans tous les domaines sans aucune discrimination. En marge des questions politiques, nous avons travaillé sur la justice transitionnelle, sur la lutte contre la corruption, sur le principe de parité entre femmes et hommes. Après la révolution, en 2011, une loi sur la parité a été adoptée par l’État tunisien. Nous voulions obtenir une parité non seulement horizontale mais aussi verticale.

A l’initiative de la société civile, nous avons également proposé un projet de loi sur la représentativité des femmes dans le Conseil supérieur de la magistrature pour s’assurer que des magistrates, des avocates et des non-magistrates soient présentes dans les prises de décision du Conseil. Aujourd’hui, sur 32 personnes élues dans cette haute autorité, il y a 18 femmes grâce à ce principe de parité.

Nous avons également été la seule association à réaliser une analyse électorale basée sur le genre. Ainsi en 2014, nous avons étudié les élections présidentielles et législatives. Et nous avons fait des recommandations aux législateurs visant à modifier les lois dans le cadre de campagnes électorales, ainsi que sur les violences politiques à l’égard des femmes dans tous les domaines.

Nous avons fait partie d’une coalition de femmes «  les femmes libres de Tunisie », composée de plus de 95 associations qui a beaucoup travaillé lors de la rédaction de la Constitution tunisienne ( (votée le 27 janvier 2014) . Nous avons fait du lobbying pour changer un article qui parlait, dans un premier jet, de la complémentarité entre les femmes et les hommes pour que cet article soit modifié et qu’il ne passe pas. Il a été modifié par l’article 21 qui dit que les citoyen.ne.s sont égales en droits et en devoirs devant la loi. Cet article a été écrit dans la rue grâce aux manifestations à l’occasion de la journée des droits des femmes qui coïncidait avec l’anniversaire de la promulgation du code de statut personnel de 1956 qui a abolit la polygamie. Par rapport à d’autres pays arabes, nous avions déjà des acquis.

Où en est la parité en Tunisie ?

On compte 34,5% de femmes à l’Assemblée nationale.

A la suite de nos luttes, en 2017, une loi relative aux élections locales a été adoptée instituant le principe de parité vertical et horizontal, y compris dans les têtes de listes. Dans tous les domaines, les politiques nationale, régionale, locale doivent adopter une approche genrée à l’écriture des lois et la mise en place des budgets. Aujourd’hui nous avons une première expérience dans certains ministères.

On demande beaucoup de choses, mais je crois que c’est légitime. Les femmes tunisiennes méritent beaucoup plus que ce qu’elle ont aujourd’hui. Heureusement que la constitution tunisienne permet qu’elles aient une place dans l’espace public et privé.

Que contient le projet de loi contre les violences faites aux femmes sur lequel vous avez travaillé ? 

Je faisais partie des expert·e·s qui ont rédigé un projet de loi pour l’élimination des violences faites aux femmes. Ce projet est aujourd’hui à l’Assemblée des représentant.e.s du peuple qui, nous l’espérons, va l’adopter. Sa spécificité est qu’il ne parle pas seulement de modifier le code pénal, mais qu’il adopte une approche intégrale. On parle de toutes les formes de violences faites aux femmes, des violences sexuelle, économique, morale, physique, psychologique et du harcèlement. La violence politique n’est pas encore passée, mais il peut y avoir des modifications en la matière.

Le projet parle aussi des mesures de prévention, que l’État doit prendre en charge, de l’éducation à l’égalité filles/garçons avec l’implication du ministère de l’Éducation, de la Religion et des Affaires Sociales.

Que s’est il passé pour les femmes après la révolution ?

Après la révolution, ce n’était pas la vie en rose. Au contraire, il y avait des mouvements conservateurs qui voulaient revenir sur la polygamie et donc revenir au statut des femmes à la maison dans le cadre de la complémentarité. Les hommes disaient que les femmes étaient la cause du chômage puisqu’elles se trouvaient dans l’espace du travail, mais heureusement, des femmes se sont battues pour que l’on ait une constitution que je considère comme avant-gardiste.  Le principe d’égalité entre femmes et hommes a été inséré dans le préambule et ce préambule c’est l’identité de l’Etat, il a une valeur constitutionnelle.

Comme je viens de le dire, nous avons aussi l’article 21 qui aborde l’égalité entre citoyennes et citoyens, l’article 34 qui prévoie que les femmes doivent être représentées dans les assemblées élues, et l’article phare, l’article 49 qui énonce le  principe de parité dans les assemblées élues, le principe d’égalité des chances dans les diverses responsabilités dans tous les domaines et l’obligation de l’Etat à prendre les mesures nécessaires pour éliminer les violences faites aux femmes.

Propos recueillis par Caroline Flepp, 50-50 magazine

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 16:40
Le 25 novembre 2017 
Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes 

 

Atelier contre les violences faites aux femmes avec des écolières au village Hezoua dans le sud Tunisien

L’Association des Tunisiens en France (ATF), l'Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), le Réseau Euromaghrébin citoyenneté et culture (REMCC)
 
 Organisent une Conférence – Débat sur le thème
"La nouvelle loi intégrale portant sur la lutte contre les violences faites aux femmes en Tunisie, et son impact sur le monde arabo-musulman"
Une première dans le monde arabo-musulman.
 La loi Tunisienne du 26/07/2017 renforce la protection des victimes et abolit les dispositions rétrogrades du code pénal. Ainsi toute agression n'est plus une affaire privée.
 Le texte introduit "la reconnaissance de toutes les violences, physiques, morales, sexuelles, économiques, etc... qui ne sont plus une question privée, mais deviennent une question d'État ; et pour preuve, le retrait de la plainte n'arrête plus les poursuites", (déclare la députée Bochra Belhaj Hamida à l'AFP).
Ainsi l'auteur d'un crime sexuel sur une mineure, n'a plus la possibilité d'échapper aux poursuites judiciaires « en épousant sa victime ». Cette loi est une consécration de l'article 46 de la constitution de janvier 2014.
La loi intégrale traite de la prévention, la sanction, l'accompagnement des victimes et la reconnaissance de leurs droits. Le texte de cette loi est fondateur car il procède d'une nouvelle approche pour aborder les problématiques sociétales et intègre ces trois dimensions : Il ne s'agit pas seulement de sanctionner mais de prévenir et d'accompagner.
 Le 25 novembre 2017 de 18h30 -21h30
Maison des associations du 10ième, 206, Quai de Valmy, 75010 Paris;
Métro: Louis Blanc, (Ligne 7) - Métro Colonel Fabien et Jaurès (Ligne 2)
Intervenantes
Me Donia BEN OSMAN ép. HANAYEN
Avocate,
Mme Nadia CHAABANE
Ancienne membre de la constituante tunisienne, et ancienne Secrétaire générale de l'ATF
Mme Samia DOLA ép, BEN JAAFAR
Juge, Centre d'études juridiques et judiciaires Ministère de la Justice de Tunisie
Me Radhia JERBI
Avocate, Présidente de l'Union Nationale de la Femme Tunisienne
Mme Radhia OUEZINI ép. Ben Haj ZEKRI
Ancienne Présidente de l'Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD)
Mme Bahija OUEZINI
groupe femmes - FTCR
Modératrice      Mme Sanhaja AKHROUF militante féministe et associative
 Avec le soutien de :
 
   
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