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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 11:46

Vers une figure juive décoloniale

mardi 15 mai 2018 par Michèle Sibony

à Haïm Hanegbi
juif indigène de Palestine

Michèle Sibony – 5 mai 2018 –

Bandung du Nord - Forum : racismes inter communautaires .

Il faut commencer par prendre acte du fait qu’il y a toujours eu des figures juives décoloniales dans l’histoire des luttes antiracistes et de libération. Des États unis, à l’Afrique du Sud en passant par le Maghreb, des juifs ont pris part à ces luttes anticolonialistes et antiracistes 1) . C’est par contre la première fois dans l’histoire des juifs que leur statut s’est transformé, faisant d’eux des membres à part entière d’un Occident dominant redéfini comme judéo-chrétien. Les incidences catastrophiques de cette modification nous incitent à rechercher aujourd’hui les potentialités de reconstruction d’une figure juive décoloniale.

1 – L’IMPOSSIBLE INDIGÈNE

Je partirai d’une question qui m’interpelle toujours personnellement, comme juive marocaine, juive arabe.(2) Pourquoi ne parle-t-on jamais, ne peut-on parler de juifs indigènes, de juifs autochtones, et cela même avant la colonisation française, alors que les juifs constituent un des substrats du peuplement maghrébin d’origine, ante islamique, et avant même l’occupation romaine . Juifs indigènes ? Presque un oxymore. On pourrait légitimement penser que cet impossible commence avec la colonisation, dont il est le fruit, mais ce qui remet en question cette réponse c’est le statut de minorité des juifs, en terre d’ islam comme partout ailleurs, avec le sort aléatoire réservé aux minorités.

Les juifs toujours traités en minorité, certes protégée en islam, sont de ce fait exclut de l’indigénat , ils sont perçus toujours comme allogènes par la majorité. En Europe aussi d’ailleurs, où la minorité juive ne bénéficie pas de cette protection, elle est toujours perçue comme allogène -toujours étrangère, ou étrange. Comme s’il y avait un choix à faire : indigène ou minorité. Cela se vérifie d’ailleurs avec d’autres minorités contemporaines ; les Rohingas par exemple dont la présence est historiquement attestée en Arakan dès le 8e siècle après J.-C., d’autres parlent plus tardivement de conversions à l’islam au 15e siècle. Or une loi de 1982 a fait remonter leur présence à la date de la première colonisation britannique en... 1823, pour pouvoir les exclure de la nationalité birmane.

Et que dire des Kurdes nommés pour la première fois dans des textes mésopotamiens 3000 ans avant J.-C. Combien de siècles ou de millénaires faut il pour être considéré comme un indigène ? Tout cela explique aussi les stratégies de survie de minorités toujours inquiètes, et de compromis avec les maîtres, quels qu’ils soient . Les Rohingas avec les Britanniques, ce qui leur vaut la haine farouche des Birmans, les juifs avec les colons qui cherchaient de toutes façons à les utiliser pour établir leur domination, les Kurdes avec l’occident jusqu’à nos jours, faisant le travail des guerres sous-traitées, et massacrés ensuite dans le silence de leurs soit-disant alliés. l’histoire se répète et se répète encore.

La figure juive contemporaine en Europe, après des siècles de minorité métèque, de juifs parias, de juifs errants, d’asiates, a subi elle des transformations multifactorielles : l’ après judéocide, le sionisme, l’ ère néoconservatrice que nous vivons sont autant d’étapes de ces transformations. Un paramètre subsiste, cependant, immuable : l’ utilisation politique des juifs, comme de toute minorité : bouc émissaire, fusible, variable d’ajustement...

Où sont donc les alternatives à cette posture traditionnelle des minorités : la protection du pouvoir en place ne leur est jamais longtemps accordée, pas plus que le temps nécessaire à leur instrumentalisation. Ce qui conforte le sentiment d’une illusion d’intégration au groupe dominant qui s’achève toujours mal dans l’histoire des minorités. Comment exister autrement, comment coexister ? C’est l’enjeu des figures décoloniales, et c’est tout l’enjeu de la notion d’indigène. Car c’est lui qui décolonise, et lui même et le colon. Aucune société coloniale ne s’est jamais décolonisée de son propre chef. Cette lutte est celle des opprimés, des indigènes. Pour qu’une figure décoloniale juive puisse (ré-)émerger, elle doit s’appuyer se structurer à partir d’une une figure indigène juive. À ce stade il faut définir ce que l’on entend par indigène, sinon on pourrait confondre avec les « sabras » juifs nés en Israël, et le sionisme. Je ferai appel pour éviter cette confusion à un texte brésilien que je trouve merveilleux quant aux horizons transnationaux qu’il découvre.

Les involontaires de la Patrie -(3) : c’est le titre d’un cours public donné sur les marches de l’assemblée nationale à Rio par Eduardo Viveiros de Castro anthropologue universitaire brésilien le 20 avril 2016. il y définit le mot indigène :qui vient de la terre qui lui est propre, originaire de la terre où il vit .. Selon cette définition toute personne d’où quelle vienne née au Brésil serait indigène ? mais non, répond-il ni le colon ni l’agroboy (le fils d’un propriétaire terrien ) ni le courtier ne sont des indigènes il suffit de leur demander » ajoute-t-il avec humour, ils sont Brésiliens .

Il met ainsi en tension les notions d’ indigène et de citoyen . Et cela n’a rien à voir explique -t-il , le brésilien c’est le citoyen d’un État nation.

Être indigène c’est faire partie d’une communauté spécifique, d’est donc faire partie d’un peuple, être citoyen au contraire c’est faire partie d’une population contrôlée par un État. Appartenir à la terre au lieu d’en être le propriétaire , est ce qui définit l’indigène . ...là où l’indigène regarde vers le bas, vers la terre d’où il tire sa force immanente, le citoyen regarde vers le haut vers l’esprit incarné sous la forme d’un État...

Ces termes étant posés, on se souvient que le colonialisme a apporté le modèle de l’État nation aux régions conquises , et avec lui l’horizon du nationalisme souverain.

2 – le rôle d’Israël et de la « solution » sioniste.

Que va-t-on faire de cette poussière d’humains ? Il faut vite en faire des juifs ! S’exclamait Ben Gourion à l’arrivée des premiers immigrants juifs arabes.

Le sionisme s’est voulu une réponse à cette impossibilité que nous venons de décrire. A la manière des États-Nations colonisateurs qui l’ont fondé il a conclu que ce qu’il fallait pour sortir de l’impasse minoritaire éternellement allogène, c’était construire sa propre souveraineté nationale, dans le cadre d’un État nation du peuple juif.

Ce faisant il a reproduit l’ordre de domination coloniale en Palestine contre les indigènes autochtones, et il a créé des citoyens juifs israéliens et non des indigènes juifs pour reprendre l’opposition de Viveiros de Castro . Pourtant c’est ici tout de même que nous pouvons rencontrer une figure juive décoloniale en formation, car il a aussi fabriqué une catégorie nouvelle, hybride, d’indigènes juifs en Israël : les Mizrahim. Ou juifs orientaux. On n’ a pas laissé les Mizrahim devenir des colons, les blancs israéliens les ont trop méprisés pour cela, et c’est leur chance d’échapper à l’intégration par la blanchité celle que décrit Morrisson (4) : les mécanismes culturels par lesquels on devient américain sont clairement compris. Un citoyen d’Italie ou de Russie émigre aux États Unis. Il conserve beaucoup ou une partie de la langue et des coutumes de son pays d’origine. Mais s’il souhaite être américain -être reconnu comme tel et trouver vraiment sa place- il doit devenir quelque chose d’inimaginable dans son pays d’origine : il doit devenir blanc…. Les Africains et leurs descendants eux , n’ont jamais eu ce choix… »

C’est aussi ce que démontre Ella Shohat dans son article « l’invention des Mizrahim » (5) quand elle déroule les nombreux pièges où les juifs arabes ont été enfermés,

 L’ injonction paradoxale faite aux juifs issus du monde arabe : surtout ne soyez pas arabes, et vous n’êtes que des Arabes.. l’exemple qu’elle apporte des juifs irakiens surtout pas arabes, mais utilisés en Israël dans une recherche génétique destinée à identifier une toxine contre les Arabes illustre parfaitement cette injonction.

 Autre paradoxe : le « retour juif » selon le sionisme se fait vers le Moyen Orient source du judaisme, cependant l’État du sionisme « euro -israélien » ainsi que l’appelle Shohat se construit de Hertzl à Ben Gourion sur un modèle totalement orienté vers l’occident en termes de géo politique et d’idéologie. Et l’on pense aussi à Barak qui décrit dès 2002 l’État juif comme « une villa dans la jungle » reprenant le diptyque colonial barbarie/civilisation . Retour à l’Orient donc mais en parfait occidental .

 Piège encore que l’unicité proclamée par le sionisme : un seul peuple juif réuni sur sa terre d’origine, ce qui coupe les juifs arabes de leurs diverses histoires, et cela d’autant plus que la vision occidentale des sionistes euro-israéliens est menacée par leur proximité d’un monde arabe qui jouxte toutes les limites du territoire approprié .

Les juifs arabes sont donc sommés d’identifier judaïsme et sionisme, et d’intégrer que judaïsme et arabité sont des antonymes.

Viveiros de Castro, nous rappelle utilement ici qu’en fait le terme de peuple n’existe qu’au pluriel : ce sont les blancs grands spécialistes de la généralisation , ou plus précisément l’État blanc colonial, impérial républicain, qui ont inventé le terme indien comme catégorie générique .L’État, à la différence des peuples n’est constitué que par la singularité de sa propre universalité..)

 dernier piège enfin qui s’est refermé sur les Mizrahim celui de deux nationalismes le sionisme européen qui rassemble et identifie tous les juifs du monde en une seule nation, et le nationalisme de nombreux états arabes post coloniaux eux aussi forgés sur le modèle État-Nation qui reprendront cette identification juif/sioniste et pour qui donc juif deviendra aussi anonyme d’arabe.

Ceux que l’on a amené en en terre sainte en leur faisant croire qu’ils réalisaient la prophétie ont été placés en garde frontière du territoire approprié, ils ont été acculturés et désignés comme des « moins que rien » par le pouvoir blanc euro sioniste local :

C’est l’un des urbanistes planificateurs des « villes de développement », le professeur Elisha Efrat qui décrit les Mizrahim (6) comme pauvres naïfs et faibles...un parfait alignement d’étoiles pour Israël qui pouvait à présent créer un État à partir de rien avec des gens qui n’étaient rien. Déracinés, coupés de leur histoire, les Mizrahim sont aussi devenus des indigènes car ce sont des involontaires de la patrie au sens à nouveau décrit par notre ami brésilien, ou évoqué par Toni Morrisson.

Ils ont constitué une forme hybride d’indigénat non pas dans le sens originel d’autochtone mais dans le sens colonial du mot, avec le traitement assorti, un peu comme les Indigènes de la République, les Issus de l’immigration coloniale. Les Mizrahim sont comme eux re-confrontés à travers le sionisme et l’ashkenazité à une domination coloniale blanche qui se perpétue aussi sous la forme d’une séparation des corps dont nous parle encore Viveiros de Castro : la séparation de la communauté et de la terre a sa réciproque, son ombre, qui est la séparation entre les personnes et leurs corps, autre opération indispensable effectuée par l’État pour créer des populations administrées.

Cette séparation a son histoire avec les Mizrahim et le scandale des enfants volés en Israël dans les années cinquante .. plus de cinq mille, à des familles de Mizrahim majoritairement yéménites, mais aussi marocaines irakiennes et issues des Balkans avec l’implication attestée de tout l’establishment sioniste de l’éducation et de la santé : crèches, dispensaires, hôpitaux, hauts fonctionnaires et jusqu’à la WIZO Organisation sioniste internationale des femmes (women international zionist organisation). Ces nourrissons ont été donnés ou vendus à l’adoption de familles ashkenazes le plus souvent américaines. Cet événement-fracture ne cesse depuis sa découverte au début des années 70 d’être opposé par les Mizrahim à l’establishment sioniste et de le questionner sur sa relation à leur citoyenneté .Et depuis les années soixante dix Ils ne rencontrent que des commissions qui referment les dossiers, des archives disparues, ou mystérieusement brûlées,(7) et ont dû avec l’association AMRAM fondée en 2014 reconstituer une archive vivante en enregistrant et filmant les familles des enfants volés.

Quand on parle de renaissance du mouvement de révolte mizrahi à Shlomi Hatouka poète et militant mizrahi, cofondateur de l’association AMRAM, sa réponse commence par évoquer la diversité des peuples juifs : je suis yéménite avant tout , puis il ajoute  : ni pause ni rupture, ni renaissance ! Mais Continuité de la lutte, et depuis bien avant les Panthères noires, depuis qu’on est arrivé ici on a toujours lutté, la lutte prenait des formes différentes, mais c’était la lutte. Quand faites vous commencer le combat noir américain ? Très exactement depuis leur arrivée sur le sol américain .*(8)

Roï Hassan autre poète militant mizrahi se décrit lui comme moitié marocain et moitié libyen et explique que pour lui establishment israélien signifie explicitement ashkenaze et blanc.(8)

Orly Noï se dit iranienne et précise que comme telle, elle ne se sent pas appartenir à une culture périphérique mais centrale. Elle fait partie du mouvement « l’orientale commune » qui a soutenu aux dernières élections israéliennes la liste arabe unie . Le lien est clair pour ce mouvement avec la lutte de libération palestinienne. Elle le décrit en ces termes : Dans la « villa dans la jungle » de Barak, ni les Palestiniens ni nous les Mizrahim, natifs de la jungle n’avons la moindre place. » Il n’y a pas de place pour les Mizrahim dans le sionisme, pas plus que pour les Palestiniens Il nous faut démanteler les murs de cette villa pour nous retrouver ensemble et tous égaux dans la jungle.(8)

Orly Noï précise aussi que l’Orientalité est une conscience, qui n’exclut pas loin de là les ashkenazes* Ce qui nous amène à la dernière partie du discours de Viveiros de Castro. Il s’adresse au public blanc assis sur les marches en ces termes : mais nous, les « autres indiens », ceux qui ne sont pas indiens mais se sentent beaucoup plus représentés par les peuples indiens que par les politiques qui nous gouvernent et par l’appareil policier qui nous persécute de près , par les politiques de destruction de la nature menées par le fer et par le feu par tous les gouvernements qui se succèdent dans ce pays depuis toujours, nous avons aussi besoin de l’aide et de l’exemple des indiens… contre la capture de l’état nation. Un État qui pousse jusqu’à ses ultimes conséquences son projet de destruction du territoire qu’il revendique comme sien.. »

Ces paroles résonnent aussi bien en Palestine qu’en France quant au collectif à constituer avec ceux des blancs-ashkenazes , tous ceux qui refusent l’appareil policier, le système d’exploitation capitaliste qui détruit la nature et les liens sociaux, et se sentent proches et représentés par les peuples indigènes. Là où se construit la figure mizrahi -indigène , et là où elle se rapproche de l’autre indigène palestinien, se construit une possibilité de figure juive décoloniale en Israël. De même que la lutte africaine américaine ne peut manquer de faire lien avec celle des peuples indigènes …

L’appel d’Olga rédigé essentiellement par des israéliens ashkenaze, même si des mizrahim l’ont signé en 2004 se situe exactement dans cet axe de résistance commune. L’ashkenazité comme la blanchité n’ont rien a voir avec la couleur et tout avec la domination. L’indigène juif le fils du pays est celui qui reconnaît que la terre ne lui appartient pas , qui reconnaît l’indigène autochtone le ibn el Balad et tous ses droits, qui refuse la domination et le principe de séparation comme principe fondateur et mode de vie. C’est ce que dit en résumé cet appel qui conclut :

Ce n’est que par un tel partenariat que nous pourrons , nous juifs d’Israël, cesser d’être des étrangers dans leur pays et devenir enfin de véritables fils du pays . »

Haim hanegbi , seul rédacteurs mizrahi de cet appel - son grand-père Haïm Bejayo était le chef de la communauté séfarad de Hébron -vient de mourir. Né juif palestinien il était un indigène, un ibn el balad et cette identité lui a servi de boussole toute sa vie. Afin ne pas être enterré dans le cimetière des colons juifs de Hébron -Al Khalil, sa ville de naissance, il avait demandé et obtenu des autorités palestiniennes de la ville l’autorisation de l’être dans le cimetière musulman. La crainte des représailles de colons a fait surseoir à cette idée pour l’instant, mais un jour, Haïm Hanegbi trouvera sa place auprès de ses frères hébronites indigènes .

3 – UN ESPACE ANTIRACISTE RESPIRABLE

Et nous juifs d’ici , quelle issue décoloniale pouvons-nous rechercher aux tentatives d’ingestion des juifs par l’État néoconservateur clivant et oppressant ? Deux événements viennent de se succéder et de nous secouer : L’assassinat d’une vieille dame par deux petits délinquants, pour lequel le parquet a retenu en 48h la qualification d’antisémitisme. Cet assassinat dont nous ne savons encore a peu près rien de ses motifs autres que crapuleux (9) a donné lieu à une récupération politique ignoble et coutumière. Le CRIF s’est empressé d’exclure de la marche blanche qu’il avait organisée, la France Insoumise coupable d’antisionisme donc d’antisémitisme en plaçant ce mouvement sur le même plan que le Front national et l’extrême droite antisémite. Cet amalgame entre antisionisme et antisémitisme est, il faut le rappeler, assumé aujourd’hui par le Président de la République.

Quelques semaines plus tard, l’acte deux de cette sinistre affaire était publié dans Le Parisien : une tribune rédigée par Philippe Val et signée par 300 personnalités contre l’antisémitisme...mais surtout contre l’islam et les musulmans. Les attentats y sont instrumentalisés contre toute la population musulmane, la gauche radicale y est traitée d’antisémite parce que antisioniste, et la politique israélienne de destruction de la Palestine à l’oeuvre en ce moment même contre la marche du retour, y est exemptée de toute responsabilité . En d’autres termes cette tribune participe activement du dispositif de production de ce qu’elle prétend condamner : l’antisémitisme. Il y a des amis dont on préfère se passer quand on est juif.
L’antisémitisme nous concerne et nous inquiète, tous les crimes racistes et les attentats terroristes nous concernent et nous inquiètent, mais leur instrumentalisation au service d’un racisme islamophobe , et au service de la politique israélienne en Palestine est productrice de racisme antisémite. La bataille contre la Palestine se mène indubitablement aux États Unis en Europe et en France. Le fait que les deux communautés juives et musulmanes les plus importantes d’Europe se trouvent en France a rapporté ici le front Israël Palestine, en l’inscrivant dans le paradigme néoconservateur de l’affrontement occident/ islam. Dès lors les juifs ne pouvaient rester à l’abri dans cet affrontement pour deux raisons : parce qu’Israël avait besoin d’eux pour museler l’Occident contre toute critique envers sa politique, et parce que l’Occident avait besoin d’eux pour justifier sa lutte contre l’islam. Juifs et Israël se sont donc mis à ne faire qu’un, comme le voulait le sionisme, et les juifs blanchis pour la première fois de leur histoire sont entrés de plein pied dans l’Occident , comme le voulait le sionisme.
Toute atteinte à un juif ont déclamé tous les ministres et présidents de la République, depuis 20ans est une atteinte à la France et à la République, ce qu’ils n’ont jamais dit pour les innombrables agressions racistes envers les Musulmans, Arabes Noirs Rroms, Asiatiques .. établissant ainsi division entre les minorités , et hiérarchie dans le racisme envers ces différentes communautés. Il est donc urgent de reconstruire une figure décoloniale juive qui rejoigne les autres minorités pour coexister et co-résister .
C’est encore le texte de Viveiros de Castro qui nous ouvre l’horizon .
Et poursuivant le parallèle transnational rendu possible par lui, je relaterai ici sa conclusion : évoquant le nom d’une rue de Rio : la rue des Volontaires de la Patrie, il rappelle que lors de la guerre de l’empire contre le Paraguay , l’appel à des volontaires n’ayant pas trouvé de patriotes blancs brésiliens, on envoya des milliers d’esclaves noirs comme « Volontaires » à leur place . Viveiros de Castro nomme alors les indiens indigènes comme les premiers Involontaires de la patrie et il affirme comme une proclamation :« Nous ici nous sentons comme les indiens comme tous les indigènes du Brésil : comme si nous formions un énorme contingent d’Involontaires de la patrie… D’un gouvernement qui ne nous représente pas et ne nous a jamais représenté… nous sommes les Involontaires de la patrie parce qu’Autre est notre volonté ».
Ressurgissent alors les Afro – descendants américains, les Mizrahim, qui viennent s’inscrire dans cette lignée magnifique des Involontaires de la patrie, et nous même ici, y trouvons notre place . Pour que nous puissions respirer , nous les Involontaires de la patrie, juifs, arabes musulmans noirs rroms asiatiques, migrants, exilés, sans papiers, blancs, nous tous qui ne nous reconnaissons pas dans la forme de l’État oppresseur, et colonial, qui dirige nos vies, joue nos destins les uns contre les autres, il nous faut construire un espace antiraciste respirable, c’est ainsi que nous l’appelons, un espace qui nous ressemble, égalitaire, pluriel, qui ne hiérarchise pas entre nous, qui ne nous instrumentalise pas au service d’une quelconque politique autre que celle que nous déciderons de construire nous même. Après l’assassinat de Mireille Knoll, nous nous sommes jurés que plus jamais nous ne serions pris au piège de l’urgence médiatico-politique , des injonctions à des déclarations d’anti-racisme par ceux là même qui fabriquent et promeuvent le racisme, ni d’une quelconque instrumentalisation d’un crime antisémite ou non, raciste ou non. Nous sommes entrain de construire ensemble notre propre espace antiraciste à la fois autonome, décolonial, pluriel , et ouvert... à tous les « Involontaires de la patrie ».

Notes

1) Le générique des 10 clips vidéo de l’ujfp « paroles juives contre le racisme » que je vous invite à aller regarder, montre cette inscription juive continue dans les luttes antiracistes et de libération coloniale. https://www.youtube.com/channel/UCojmN0_VgImHjZ7326rReDQ

(2) Une remarque d’un auditeur lors de cette intervention m’oblige à préciser que mes racines marocaines sont sans aucun doute berbères. L’usage que je fais ici de l’expression « juive-arabe » rejoint l’ usage politique fait par de très nombreux juifs avant moi, issus du monde arabe plus large que la configuration maghrébine. Un usage destiné à prendre le contre pied de ce qui a existé et que le sionisme a voulu effacer en le transformant en oxymore .

(3) « Les Involontaires de la Patrie » Eduardo Viveiros de Castro - avril 2016 à Rio de Janeiro lors de la campagne Abril Indigena - Traduction : Jérémie Bonheure

(4) Toni Morrisson : l’« origine des autres » article « l’obsession de la couleur »

(5) – Ella Shohat – The invention of the Mizrahim – journal of palestine studies XXIX - automn 1999

(6) dans le documentaire de David Déri : le péché ancestral 2017

(7) Trois commissions d’enquête constituées en 1967, 1988 et 2001 ont toutes abouti à la même conclusion : les enfants sont morts, et il ne s’est rien passé. En décembre 2016. le gouvernement autorise l’ouverture des archives de ces commissions à nouveau sans résultat .
https://www.jonathan-cook.net/2017-01-02/israel-urged-to-apologise-for-disappeared-babies/

(8) extraits d’interviews réalisés en juin 2016 par Eyal Sivan et Michèle Sibony

(9) voir l’ Express du 4 avril « Ce que révèle l’enquête sur le meurtre de Mireille Knoll » écrit à partir de la consultation du procès verbal de synthèse des investigations sur le meurtre.
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/ce-que-revele-l-enquete-sur-le-meurtre-de-mireille-knoll_1996747.html

 

Michèle Sibony

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Débat sur l’affaire Tariq Ramadan : procès politique ou justice équitable ?

Pour un antiracisme juif, politique et décolonial - DIX CLIPS DE L’UNION JUIVE FRANÇAISE POUR LA PAIX

Journée internationale contre l’islamophobie du 10 décembre 2017 : intervention de Michèle Sibony

« Colonialisme et antisémitisme associés ont donné la promesse d’un foyer national juif en Palestine »

Les seules publications de notre site qui engagent notre association sont notre charte et nos communiqués. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 21:22

 

L'association des Tunisiens en France (ATF) s'associe à l'appel à la manifestation et insiste pour que des jeunes et moins jeunes de toutes nationalistés se mobilisent et manifestent leur soutien au peuple palestinien contre le colonialisme, contre la barbarie et les néo-fascistes, le racisme et pour la libération de la Palestine et le droit du peuple palestinien à un Etat indépendant, viable avec Al Kods capitale.

Le Bureau national de l'ATF

Vive la résistance palestinienne
 
Le Bureau National de l'ATF
 
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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 09:37

Communiqué

Les Organisations Maghrébines :

 Pour le droit de Mme Mangin de visiter son mari en prison au Maroc 

 Les autorités marocaines ont refusé,  pour la quatrième fois en près de deux ans, à Mme MANGIN – ASFARI de rendre visite à son époux prisonnier politique sahraoui incarcéré au Maroc. En effet, elle a été refoulée du territoire marocain le 16 avril 2018, en la remettant, juste après son arrivée dans un autre avion de retour vers Paris. Ces autorités persistent depuis 21 mois à nier aux époux AFSARI le droit de se retrouver.

Dans son article 75 de la loi 23-98 relative à l’organisation et au fonctionnement des établissements pénitenciers concernant les visites des prisonniers au Maroc la loi affirme que « les détenus ont le droit de recevoir des membres de la famille et de leurs tuteurs ».

En plus d’être inscrit dans la loi marocaine, le droit à la visite pour chaque prisonnier est un droit inaliénable reconnu par les conventions internationales que le Maroc a ratifié.

 

Les organisations issues de la société civile maghrébines et les associations des droits humains signataires, condamnent ce déni de droit et ces privations arbitraires faites aux époux ASFARI. 

Elles exigent des autorités marocaines le respect de ses propres engagements nationaux et internationaux en matière de droit de visite des membres de famille à leur proche.

  Les organisations maghrébines  

 Premiers signataires :

 Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie – ACDA

Association de Défense des Droits del’Homme au Maroc – ASDHOM

Association Démocratique des Tunisiens en France – ADTF

Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis - AFAPREDESA 

Association Marocaine des Droits Humains – AMDH

Association des Marocains en France – AMF 

Association N’aoura – Belgique

Association des Tunisiens en France – ATF

Associaiton des Travailleurs Maghrébins en France – ATMF

Associaiton des Tunisiens du Nord de la France – ATNF

Association Sahraouie pour le Développement, la Démocratie et les Droits Humains - AS3DH 

Association Vigilance pour la Démocratie et l’ Etat Civique en -YAQUADHA – Tunisie

Confédération Générale des Travailleurs Autonomes en Algérie

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie – CRLDHT 

Comité de Vigilance pour la Démocratie - Belgique

Collectif Citoyenneté Culture – 3C 

Centre Euroméditerranéen Migration et Déceloppement – EMCEMO – Pays-Bas 

Elghorba - Lyon

Immigration Développement Démocratie – IDD 

Fédération ds Tunisiens Citoyens des deux Rives – FTCR 

Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux - FTDES 

Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme - LADDH

Ligue Tunisienne de Défense des Droits d el’Homme – LTDDH  

Syndiacat National Autonome des Personnels de l’ Administration

Observatoire Marocain des Libertés Publiques – OMLP - Maroc

Publique – SNAPAP – Algérie 

Rassemblement Actions Jeunesse – RAJ – Algérie

Réseau Euro-Maghrébin Culture et Citoyenneté – REMCC 

Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne – UTAC

 

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 12:55

La tribune de Philippe Val contre le « nouvel antisémitisme », comme l’indique du reste l’adjectif qu’elle utilise, n’a pour objectif que de désigner une partie de la population de ce pays à la vindicte.

Il n’y a pas de « nouvel » antisémitisme dont la gravité éclipserait celle des autres. Serait-il plus néfaste que celui qui se manifeste au plus haut niveau de l’État, chez ces élites qui envisageaient d’un bon œil la publication des pamphlets de Céline ou l’inscription de Maurras et Chardonne dans le livre des commémorations nationales ? Édulcorerait-il celui, familier, d’une extrême-droite qui impose toujours un peu plus son agenda politique ? Non, bien évidemment, tout comme il n’y a pas un racisme plus grave qu’un autre. La lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, la négrophobie ou l’antitsiganisme ne tolère aucune hiérarchisation. Tous ces racismes s’alimentent et se renforcent mutuellement.

La tribune de M. Val mélange à dessein la question de l’antisémitisme et celle de la détestable et criminelle politique israélienne, et ce point est lui aussi inacceptable. Nous refusons de valider cet amalgame qui est utilisé pour justifier les crimes de l’État d’Israël à l’encontre du peuple palestinien et le silence du monde entier.

Au-delà de la description d’une situation largement fantasmée, y compris au niveau national, sur le plan de l’antisémitisme – le texte parle, et c’est glaçant, d’épuration ethnique à bas bruit –, il n’a aucun objectif pacificateur. Il n’est écrit et diffusé que pour renforcer le consensus islamophobe contre des gens, souvent pauvres et habitant les quartiers populaires, qu’il accuse en bloc d’être antisémites.

Pour notre part, si nous constatons avec effroi l’existence d’une hostilité grandissante chez une partie minoritaire de l’opinion dite « musulmane » et « radicale » à l’égard des Juifs, et que celle-ci est suivie de passages à l’acte comme dans le cas de la tuerie de Toulouse ou celle de l’Hyper Casher, nous ne pouvons pas faire l’économie d’une analyse exigeante de la conjoncture politique et sociale française, ni de la géopolitique internationale. Ces nouvelles formes d’antisémitismes ne peuvent pas se comprendre sans une lecture globale et objective des forces qui agissent et produisent ces situations, à commencer par la mise en concurrence par l’État des différentes communautés – une division qui permet de mieux régner et une diversion des questions sociales –, mais aussi par les amalgames terribles entre Juifs et politique d’Israël que ne cesse d’alimenter une partie des élites de ce pays à laquelle ces tristes pétitionnaires participent.

Pour nous, un pays se compose de tous ceux qui y vivent et nous refusons fermement de relayer les propagandistes de la guerre civile.

L’islamophobie d’aujourd’hui n’est pas plus reluisante que l’antisémitisme d’antan, elle n’en est même que le pendant conjoncturel. Et pour paraphraser Frantz Fanon qui avait déclaré : « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez les oreilles, on parle de vous », nous disons aujourd’hui : quand nous entendons dire du mal des Noirs ou des Musulmans, dressons l’oreille, car l’antisémitisme n’est pas loin.

Les signataires :

Alexis Cukier, philosophe
Nacira Guénif, sociologue Paris-8
Anick Coupé, militante associative et syndicale
Verveine Angeli, militante sydicale, Solidaires
Alain Gresh, directeur d'Orient XXI
Ivar Ekeland, ancien président de l'Université Paris-Dauphine
Nicole Lapierre, sociologue, directrice de recherche au CNRS
René Monzat, militant antiraciste
Marie-Christine Vergiat, députée européenne
Catherine Samary, économiste altermondialiste
Lila Charef, directrice du CCIF
Omar Slaouti, militant antiraciste, Collectif "Vérité et Justice pour Ali Ziri"
Alima Boumediene Thiery, avocate, ex-parlementaire, association Femmes plurielles
Laurent Levy, militant antiraciste
Said Bouamama, sociologue, militant du FUIQP
Ismahane Chouder, Participation et spiritualités musulmanes (PSM)
Tarek Ben Hiba, président de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives
Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République
William Bila, président de la Voix des Rroms
Fabienne Haloui, responsable lutte contre le racisme et pour l'égalité au PCF
Driss Elkherchi, président de l'ATMF
Michèle Sibony, militante à l'UJFP
Maxime Benatouil, militant à l'UJFP
Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite à l'Université Paris-Diderot Paris 7
Sonia Fayman, militante CEDETIM, UJFP et IJAN
Gus Massiah, militant CEDETIM
Eric Hazan, éditeur
Sathis Kouvelakis, philosophe, King's College, Londres
Eyal Sivan, cinéaste, professeur à l'Amsterdam University of Fine Arts
Christine Delphy, sociologue, féministe, chercheuse au CNRS
Sihame Assbague, journaliste et militante
Isabelle Stengers, philosophe
Mohsen Dridi, blog MIGRANT (E )S
Abderrazak Bouazizi Horchani, militant associatif
Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers
Mourad Allal, militant associatif
Moncef Guedouar, immigré tunisien
Michelle Guerci, journaliste
Philippe Marlière, professeur de science politique à l'University College de Londres
Alain Cyroulnik
Philippe Cyroulnik
Alain Job, retraité cadre territorial
Fabien Marcot, graphiste


Organisations signataires
Union Juive Française pour la Paix
Brigade Anti Négrophobie
Association des Travailleurs Maghrébins de France
La Voix des Rroms
La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie 

 

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 11:38
[Ensmble FALDI FSM] Dominique Vidal: NAUFRAGE - Il a fallu vingt-quatre heures pour que la vague de condamnations monte. Dans la soirée du 30 avril, les Israéliens ont regardé massivement la présentation de leur premier ministre, Benyamin Nétanyahou, portant sur le programme nucléaire iranien. Au même moment à Ramallah, le président Mahmoud Abbas s’exprimait devant les centaines de délégués du Conseil national palestinien, le parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Comme à l’accoutumée, il prononça un discours fleuve, mélant références millénaires et sujets d’actualité. Et au milieu, une diatribe sur les racines de l’antisémitisme. M. Abbas a prétendu s’appuyer sur des auteurs juifs, dont Karl Marx, qu’il a d’abord confondu avec Staline. Le vieux « raïs » a affirmé que la haine des juifs, « très répandue à travers l’Europe », concrétisée par de nombreux massacres « depuis le XIe siècle jusqu’à l’Holocauste », n’était
Mouhieddine Cherbib
jeudi 3 mai 2018 à 07:39
 
 
Dominique Vidal
  · 
 

NAUFRAGE

Il a fallu vingt-quatre heures pour que la vague de condamnations monte. Dans la soirée du 30 avril, les Israéliens ont regardé massivement la présentation de leur premier ministre, Benyamin Nétanyahou, portant sur le programme nucléaire iranien. Au même moment à Ramallah, le président Mahmoud Abbas s’exprimait devant les centaines de délégués du Conseil national palestinien, le parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Comme à l’accoutumée, il prononça un discours fleuve, mélant références millénaires et sujets d’actualité. Et au milieu, une diatribe sur les racines de l’antisémitisme.

M. Abbas a prétendu s’appuyer sur des auteurs juifs, dont Karl Marx, qu’il a d’abord confondu avec Staline. Le vieux « raïs » a affirmé que la haine des juifs, « très répandue à travers l’Europe », concrétisée par de nombreux massacres « depuis le XIe siècle jusqu’à l’Holocauste », n’était pas historiquement de nature religieuse, mais s’expliquait par leur « fonction sociale, qui était liée à l’usure [prêts avec intérêt], à la banque, etc. » La preuve en serait, selon le leadeur palestinien, qu’en 1 400 ans, il n’y eut jamais le moindre crime commis contre les juifs dans le monde arabe.

Ces propos paraissent imputer la responsabilité des crimes commis à travers les siècles contre les juifs aux juifs eux-mêmes, pour leurs activités professionnelles liées à l’argent. Des propos, par ailleurs, qui sont hors sujet au vu de l’actualité dramatique qui concerne les Palestiniens : déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem le 14 mai, bilan terrible de la répression des manifestations le long de la bande de Gaza, isolement total de la direction palestinienne sous la pression des pays arabes pour accepter un éventuel plan de paix de l’administration Trump…

Mahmoud Abbas a aussi expliqué que les juifs ashkénazes n’étaient pas sémites et que les révolutions arabes étaient « une invention » des Etats-Unis. Enfin, il a répété, comme il l’avait déjà fait en janvier, qu’« Israël est un projet colonial destiné à implanter un corps étranger dans cette région ». « Mais je ne dis pas qu’Israël doit être délogé, a-t-il précisé, dans des propos rapportés par l’agence Wafa. Israël existe et tout ce que je veux, c’est un Etat pour que nous puissions tous ensemble vivre en paix. »

Avertissement

Car « l’autre » Abbas, le défenseur obstiné des négociations de paix et de la non-violence, a aussi pris la parole dans ce même discours. Il a réitéré son engagement en faveur de la solution à deux Etats, avec Jérusalem pour capitale, et son opposition au terrorisme et à la lutte armée. Il a aussi évoqué l’échec de la réconciliation à ce jour avec le Hamas, à Gaza, discutée sous l’égide de l’Egypte.

Tout en soutenant le principe de la résistance populaire, symbolisée par la « marche du grand retour » le long de la bande de Gaza, il a appelé à ne pas envoyer les enfants vers la clôture, pour ne pas créer une génération de handicapés. Un avertissement lancé à l’unisson avec les autorités israéliennes, à l’approche du 15 mai, pic de la marche, où une immense foule est attendue aux cinq points de rassemblement. L’armée craint que le Hamas appelle les protestataires à tenter de traverser la frontière après avoir découpé la clôture.

La journée de mercredi a été marquée par une succession de condamnations des propos de Mahmoud Abbas. Dans un communiqué, Benyamin Nétanyahou a souligné qu’« apparemment, le négationniste reste un négationniste ». Cette accusation escorte le président palestinien depuis la publication de sa thèse de doctorat, en 1983, dans laquelle il exprimait des doutes sur le nombre de victimes dans l’Holocauste et évoquait des formes de collaboration entre sionistes et nazis pour peupler la Palestine mandataire (sous mandat britannique) de juifs. Depuis, à plusieurs reprises, il avait tenté de corriger cette réputation. En 2014, par exemple, le raïs avait publié un communiqué dans lequel il qualifiait l’Holocauste de « crime le plus odieux commis contre l’humanité dans l’époque moderne ».

« Remarques inacceptables »

M. Nétanyahou a appelé « la communauté internationale à condamner l’antisémitisme radical d’Abou Mazen [le surnom de M. Abbas] ». David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël, connu pour son hostilité à la solution à deux Etats et son engagement en faveur des colonies, a estimé que le président Abbas avait « atteint un nouveau fond ». « A tous ceux qui pensent qu’Israël est la raison pour laquelle nous n’avons pas la paix, réfléchissez à nouveau », écrit-il sur Twitter.

Le service d’action extérieure de l’Union européenne, pour sa part, a publié un communiqué mercredi.

« Le discours prononcé par le président palestinien Mahmoud Abbas le 30 avril contenait des remarques inacceptables concernant les origines de l’Holocauste et la légitimité d’Israël. Une telle rhétorique ne peut que jouer en faveur de ceux qui ne veulent pas de la solution à deux Etats, pour laquelle le président Abbas a plaidé de façon répétée. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/…/mahmoud-abbas-une-nouvelle-fois-mis…

http://abonnes.lemonde.fr/…/mahmoud-abbas-une-nouvelle-fois…

L’Union européenne dénonce des « remarques inacceptables » sur l’Holocauste et la légitimité d’Israël.
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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 10:57

Boursier.com, publié le jeudi 03 mai 2018 à 10h27

Sondage : avis divergents sur l'action d'Emmanuel Macron

C'est l'heure du premier bilan près d'un an après l'élection d'Emmanuel Macron... Le président de la République divise le pays si l'on en croit les derniers sondages concernant sa politique de réformes.

Une politique injuste

Selon 72% des Français, la politique économique menée par le président de la République est "injuste socialement". Un sondage Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva Assurances indique que 70% des personnes interrogées considèrent que sa ligne de conduite est favorable aux entreprises. Elle est également de droite pour 69% des Français.

Bien évidemment, la politique économique du président déplaît fortement aux sympathisants de la France insoumise (88%) et du Front national (15%). Ceux de La République en Marche la plébiscite en revanche à 92% !

Un président qui déçoit

Globalement, ce sont deux tiers des Français qui sont déçus par l'action d'Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir il y a un an. Parmi les personnes qui ont voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle, 76% restent tout de même satisfaits...

Du côté de gouvernement, les Français ont toujours du mal à juger les ministres, eux et leur action. Ils restent en effet, un an après leur nomination, d'illustres inconnus aux yeux de nombreuses personnes interrogées par Odoxa Dentsu-Consulting, pour 'Le Figaro' et 'Franceinfo'...

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 14:39


 
Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre. 75018. Paris
Tel/Fax : 01 42 55 91 82
national@atmf.org / www.atmf.org
 
 
À la mémoire de
Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes
 
Rassemblement le 1er mai 2018 de 11h à 12h, au Pont du Carousel
Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée sous le pont du Carrousel. Il ne savait pas qu’on allait le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les assassins venaient de quitter le défilé du Front National.
Depuis, d’autres noms se sont ajoutés à la liste sinistre des victimes des crimes racistes.
 
C’est à sa mémoire et à celles de toutes les victimes du racisme dans ce pays, en souvenir à la souffrance de leurs proches que nous nous rassemblons ici, sur le lieu du crime innommable, le 1er mai de chaque année. La plaque commémorative du crime racial est posée, à la demande de nos associations, par la Mairie de Paris, un signe indélébile pour celles et ceux qui viendront après nous, pour tous les « visiteurs » de la capitale qui passeront par cet endroit marqué désormais à jamais.
 
Depuis l’assassinat de Brahim Bouarram, le racisme a fait d’autres victimes en France.
Il a aussi gangrené la société sous d’autres formes : la xénophobie, l’antisémitisme, l’islamophobie, la ségrégation, la relégation, les discriminations aux droits fondamentaux, au logement, au travail, aux contrôles en tous genres. C’est toujours sous d’autres formes que le racisme s’enracine, avec la montée des extrêmes droites et des droites extrêmes. Y compris des branches entières de la République : les violences policières, les contrôles au faciès, les rôles plus que douteux de certains médias, une justice à géométrie variable dès qu’il s’agit d’enfants d’immigrés et de leurs parents. L’instrumentalisation systématique des discours sur l’Islam et la laïcité qui encouragent et instaurent la montée de la haine, alors qu’une démocratie digne de ce nom se doit de réaffirmer l’égalité entre tous ses citoyens., dans le respect de leurs origines et leurs croyances.
 
Un facteur particulièrement aggravant de cette situation est lancé par l’actuel gouvernement de la France : sa nouvelle loi « Asile-Immigration » constitue une attaque sans précédent contre les droits fondamentaux des personnes en tant que telles.
 
L’histoire de ce pays retiendra que le parti raciste, le FN ,a apporté ses voix à la majorité du gouvernement pour adopter l’article 5 de cette dite loi.  
 
Plus que jamais, nos associations et organisations, qui font de la lutte pour l’égalité et contre tous les racismes un combat de tous les jours, s’engagent à contribuer à la construction d’une véritable politique de la mémoire. Une mémoire, qui au nom des victimes du racisme et de la souffrance des leurs, construit encore plus de liens entre nous, plus de vivre en commun, et tend vers une société où la vie humaine, quelle que soit la couleur de sa peau, son origine ou sa confession, soit enfin, et pour toujours, une vie humaine digne et respectée pour toutes et tous.
 
Premiers signataires :
 
ATMF, LDH, MRAP, GISTI , Femmes Plurielles, AMDH Paris-IDF, L'ACORT, ASDHOM, AMF, FMVJ-F, UTAC, Sortir du colonialisme , FTCR, ATF, AFAPREDESA, Union syndicale Solidaires, L'ACDR Arts et Cultures des Deux Rives, Copaf, l’Action Antifasciste Banlieue, L'Institut Mehdi Ben Barka, FASTI, IDD, A.M.M.N, PCF ,PIR, La Voie Démocratique-Paris

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 14:22

 

5 conseils pour lutter contre les rhumatismes

Laetitia Reboulleau

Près d'un Français sur trois souffre de rhumatismes, et les seniors sont de loin les plus concernés. Cette pathologie, qui touche principalement les articulations, mais aussi les os, les muscles et les tendons, provoque de vives douleurs. Découvrez de précieux conseils pour retrouver calme et confort.

Misez sur les bons aliments

Ce n'est pas un secret : votre alimentation a un impact direct sur votre santé. Le réflexe numéro un contre les rhumatismes est donc d'adopter une alimentation équilibrée, qui évitera les problèmes de surpoids, mauvais pour ces derniers. Mais ce n'est pas tout ! Certains aliments sont à privilégier pour soigner ses articulations.

Les professionnels de santé recommandent en effet de consommer du céleri (riche en vitamine B et en sels minéraux), du chou (qui assouplit les articulations), de la tomate (pour faire le plein de lycopènes et de pigments antioxydants), et enfin de l'ail (antiseptique et riche en potassium). En règle générale, la viande est à consommer avec modération : une bonne nouvelle pour les végétariens !

Adoptez les bons compléments alimentaires

Parce que parfois, même une alimentation équilibrée ne suffit pas à garantir tous les apports nécessaires pour lutter contre les rhumatismes, les compléments alimentaires peuvent venir faire office de coup de pouce. Oméga 3, collagène, glucosamine, sulfate de chondroïtine, silice, magnésium, vitamines... La liste est longue. Si vous ne savez pas quoi choisir, ou que vous avez un doute, le plus simple est de demander conseil à votre pharmacien.

Partez en cure thermale

La cure thermale en rhumatologie est l'une des plus prescrites en France. Grâce à l'eau et aux soins apportés, il est possible d'apaiser les douleurs articulaires, de retrouver sa mobilité, et donc un certain confort. Il existe plusieurs cures un peu partout en France. N'hésitez pas à vous renseigner pour trouver celle qui vous correspond le mieux.

Demandez conseil aux grands-mères

Les grands-mères ont des secrets pour lutter contre tous les maux, ou presque, et les rhumatismes ne sont pas en reste. Parmi les remèdes naturels les plus populaires, vous pouvez retrouver le massage des articulations avec de l'huile de millepertuis, les cataplasmes à l'argile verte, ou encore les bains chauds agrémentés de gros sel. Les recettes sont nombreuses et permettent principalement de soulager les douleurs, mais pas de soigner les problèmes sur le long terme.

 

Consultez votre médecin

Dernière option, mais passage obligatoire en cas de rhumatismes douloureux : le médecin. Ce dernier sera à même de vous prescrire différents médicaments : des anti-douleurs, bien sûr, mais également des produits qui permettent de protéger et de renforcer le cartilage. Certains traitements s'appliquent également de manière locale, sous forme de gels ou encore de patches. D'autres peuvent être directement injectés par un rhumatologue. L'homéopathie peut elle aussi être une bonne option. Pour un traitement adapté à vos besoins, référez-vous à un médecin homéopathe

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 20:13

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UJFP

Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités.

Vous avez dit antiracistes ?

Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie ». Il y a Nicolas Sarkozy qui a passé son quinquennat à pourchasser les sans-papiers et dont un ministre déclarait à propos des Arabes : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça peut poser des problèmes ». Il y a Laurent Wauquiez qui fait du copier-coller de Marine Le Pen sur l’immigration. Il y a Alain Finkielkraut qui déclarait sur l’équipe de France de football : « Elle n’est pas black-blanc-beur, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l’Europe ».

On pourrait continuer longtemps cet inventaire à la Prévert. Bien sûr, ces braves gens vont s’étrangler si on parle de racisme d’État ou de racisme structurel encouragé par l’État, par les administrations, par la politique de ségrégation territoriale...

L’antisémitisme en France

L’antisémitisme, c’est notre histoire intime. L’attribuer aux musulmans est une contre-vérité meurtrière. Pétain, Laval et les auteurs de la rafle du Vel d’hiv n’étaient pas musulmans. En cette période, ils disaient des Juifs ce qu’aujourd’hui certains disent des immigrés : « inassimilables », « n’ont pas vocation à vivre en France ». Prenez ce qu’on dit aujourd’hui des Noirs, des Roms, des Arabes et des musulmans et mettez à la place le mot « juif ». Vous avez les discours des années 30 et on sait où cela a mené.
Simplisme et contrevérités.

Quand on parle de racisme, on ne parle pas comme au café du commerce, à moins de vouloir faire des simplifications populistes comme le Front National. D’où sortent ces chiffres abracadabrantesques : « les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10% des citoyens juifs d’Île-de-France… ont été contraints de déménager » ? Nos statisticiens amateurs ont sûrement fait des recherches sur les violences subies par ceux qui habitent dans ce qu’ils appellent avec mépris « les quartiers ».

Le texte parle de la « radicalisation islamiste ». Nous y voilà. Toutes les études sur les auteurs d’attentats antisémites ou sur ceux qui sont partis en Irak ou en Syrie montrent que le cheminement a été majoritairement un passage par la délinquance et la prison puis la découverte d’un discours « radical ».

Épuration ethnique ?

On pourrait croire que les signataires de ce texte parlent du nettoyage ethnique de 1948 contre les Palestiniens, cause d’une guerre coloniale qui dure depuis des décennies. Eh bien non ! Ces gens confondent sciemment antisionisme et antisémitisme. Ils essaient de faire croire que tous ceux qui critiquent Israël, à commencer bien sûr par la « gauche radicale » et les « musulmans », sont des antisémites.

La guerre du bien contre le mal

Les signataires de ce texte s’inscrivent dans la logique du discours de Georges W Bush contre l’axe du mal » en 2002. Le mal pour eux, c’est bien sûr l’islam. Pas tout l’islam, pas le roi d’Arabie Saoudite. Ce régime féodal et patriarcal est dans le camp du « bien ». L’ennemi, c’est le musulman des quartiers.

L’islam, voilà l’ennemi

Nos signataires veulent expurger les textes religieux coraniques de propos inacceptables.

Pourquoi ne demandent-ils pas aussi aux Chrétiens de retirer des Évangiles le texte qui dit que les Juifs demandent aux Romains de tuer Jésus ?

Nous autres, Juifs, pouvons leur proposer d’en profiter pour nettoyer certains textes de la Torah repris par les colons passés depuis longtemps aux « travaux pratiques » sur le terrain de la Palestine : « Annihilez les Amalécites du début jusqu’à la fin. Tuez-les, et dépouillez-les de toutes leurs possessions. Ne leur montrez aucune pitié. Tuez sans arrêt, l’un après l’autre. Ne laissez aucun enfant, aucune plante, aucun arbre. Tuez leur bétail, des chameaux aux ânes ». Ils vont sûrement exiger qu’on cesse d’assimiler les Palestiniens aux Amalécites.

Vivre ensemble dans l’égalité des droits.

C’est la seule issue non barbare, en France comme au Proche-Orient. Nous refusons la division, la stigmatisation, le racisme sous toutes ses formes. Et nous serons toujours au côté des victimes de ce racisme.

Le Bureau national de l’UJFP le 24 avril 2018


Lire ce communiqué sur notre site
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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 20:11

 

Le nouvel antisémitisme

je prends la peine de faire circuler sur la liste, le fac-similé de "l'Appel contre le nouvel antisémitisme". Ce faisant je veux dire mon dégout et mon aversion envers les 300 éminences qui, en lancant ce brulot anti-musulmans, n'ont pas hésité à jouer avec les feux de la discorde et de la haine entre les communautés françaises et créer le risque de conflits confessionnels d'un autre âge . Ces laïcs devant l'éternel vont jusqu'à dicter aux théologiens musulmans les sourates qu'il va falloir expurger du coran, livre saint des musulmans.

D'après ces éminences, venant de toutes les sphères culturelles, artistiques ou politiques, réunis autour de Philippe VAL, Pascal Bruckner et Manuel VALLS, dont le spectre chauvin et les obsessions anti musulmanes hantent le groupe et le texte de l'appel, un antisémitisme meurtrier sévit parmi les musulmans et dans nos quartiers populaires et nos banlieues. Les signataires dessinent en filigrane un tableau d'une géographie urbaine française qui n'a rien à envier à celle des anciens territoires en guerre de l'ex-Yougoslavie, la Bosnie Herzégovine ou le Kosovo.

Tout responsables qu'ils sont, ancien président de la république, anciens ministre et trois premiers ministres de la France, ancien maires, notamment celui de Paris, B Delanoé, affirment, sans hésiter et sans rougir et en donnant un chiffre qui fait froid au dos, qu'UNE ÉPURATION ETHNIQUE VISANT LES JUIFS est en cours dans des faubourgs et quartiers français conquis par les islamistes. Cependant que l'État français, quatrième puissance mondiale, le gouvernement et toute la puissance publique, laissant faire, vaquent tranquillement et sans se presser à d'autres futilités programmatiques ou politiques. 

A lire les insinuations des signataires, les musulmans des quartiers sont responsables de cette supposée épuration ethnique et de l'exode de cinquante mille juifs vers des cieux et endroits plus cléments et plus sûrs, fuyant des territoires de la république où des musulmans sévissent et agissent en toute impunité.
L'absence des enfants juifs dans les écoles publiques et le choix de l'enseignement communautaire et confessionnel, fait par les familles juives française pour leurs enfants, incombent selon les signataires, tout naturellement aux musulmans et à leur progéniture attachés à harceler et à chasser l'enfant juif de l'école publique et de l'univers splendide et désastreux des ghettos ethniques et sociaux des arabes et des musulmans de France.

Sous la houlette des pro-israéliens les plus radicaux et les plus réfractaires aux droits du peuple palestinien tel P.A.Taguief, G.Bensoussan,et autres Habib MEYER ou F.ANCEL, les signataires n'hésitent pas non plus à s'en prendre à tous ceux qui combattent le sionisme ou qui ne veulent pas perdre leur humanité et leur âme et continuent à s'opposer à la politique colonialiste de l'état d'israël et à son idéologie sioniste qui spolie les palestiniens de leur terre, dynamite leurs maisons, les assassine, assiége leur territoires et villages, brule et déracine leurs champs d'oliviers.

Chez nos amis intellectuels et activistes citoyens ou associatifs, le silence est d'or et à défaut de voix pour crier ça suffit et Halte là ! à ses amalgames désastreux, nos oreilles ne bourdonnent que du sifflement des acouphènes, au risque, peut être , de nous réveiller un jour avec une étoile verte accrochée à nos vestes et manteaux 

Abderrazak Bouazizi Horchani 

 

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