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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 13:38

Compte-rendu de la réunion des intervenants de la MJD Paris-Sud
en date du jeudi 14 juin 2018
En présence de :
– Mme VERMEERSCH, vice procureur chargé de mission
– Mme DRILLAUD, secrétaire générale du CDAD, directeur des services de greffe judiciaire
– Mme THIOLLIER, chef de service de l'accès au droit de la mairie de Paris
– M. HAV , stagiaire au service de l'accès au droit de la mairie de Paris
– Mme HA, collaboratrice mission d’accès au droit de la mairie de Paris
– M. LERICHE, représentant du médiateur de la ville de Paris
– M. VACHETTE, conciliateur
– M. LOZET, directeur SPIP de Paris
– Mme ALIROL, chef de service du SCJE
– Mme BOURGEOIS, chef de service adjoint du SCJE
– M. MOREAU, coordinateur RAD
– Mme SAKHO, juriste de l'association APTM
– Mme CHAUBET, juriste de l'association DDU
– Mme DJEZZAR juriste de l'association ADIL
– Mme JEBEL, juriste de l'association ATF
– Mme MILLET, adjointe administratif
– M. NAIT BOUDA, agent d'accueil
– M. COMET, service civique
– Mme REGUERRE, stagiaire étudiante en droit
– Mme LORENZINI, greffière coordinatrice
Permanences conciliateur
Monsieur VACHETTE s'est exprimé sur la baisse de personnes ayant été reçues par le fait que
contrairement à son prédécesseur, il considère que pour que le travail soit de qualité, une fréquence
de 45 minutes soit 4 rendez-vous par permanence (contre 6 précédemment) est préférable.
Permanences en droit du travail
Lors de la réunion a été abordé le problème de la forte demande des usagers en droit du travail. La
permanence hebdomadaire assurée par un avocat ne suffit pas à satisfaire l'ensemble des demandes.
Il a été convenu d'orienter les usagers vers les permanences de la mairie du 14e arrondissement et
du PAD 15 qui ne sont pas toujours remplies.
Permanences notariales
Malgré l'augmentation du nombre de permanences la demande reste très élevée puisqu'en quelques
minutes tous les rendez-vous sont complets. L'équipe de la MJD a désormais depuis avril 2018 la
possibilité de prendre rendez-vous en ligne au PAD du tribunal de Paris qui a deux permanences
notaires par semaine à raison des mardis et jeudis après-midi.
Délégués du défenseur des droits
En raison de l'accessibilité réduite des nouveaux locaux, Madame JANVIER n'a pu continuer
d'assurer ses permanences à la MJD. Si nécessaire, les usagers sont redirigés auprès du CIDJ où
elle assure des permanences.
Déménagement de la MJD
Suite au déménagement de la MJD fin août 2017 quelques difficultés ont pu être rencontrées dont la
principale a été l'absence de connexion internet jusqu'à fin décembre. De même, malgré le fait que
la nouvelle adresse soit systématiquement donnée lors de la prise de rendez-vous il y a pas mal de
personnes qui se rendent à l'ancienne adresse ou se présentent en retard car elles ne trouvent pas
aisément la MJD.
Mme THIOLLIER a rappelé à ce sujet qu'il avait été difficile de trouver un lieu d'accueil de la
structure pendant la durée des travaux rue Bardinet. Les locaux actuels restent dans le même secteur
et sont assez grands pour accueillir tout le monde malgré le fait que ces derniers soient difficiles
d'accès en raison des escaliers ce qui a toutefois été annoncé sur les brochures.
A également été soulignée la question des erreurs d'adressage des autres structures et associations. A
ce sujet, l'ANIL doit être relancée afin de procéder aux modifications d'adresse et de numéro de
téléphone de l'accueil.
Enfin, il n'y a pour l'instant aucune date arrêtée pour le retour de la MJD rue Bardinet ni de détails
sur l'avancée des travaux.
Les besoins de la MJD
Des clés wifi supplémentaires ont été demandées pour équiper les postes de travail qui n'en sont pas
pourvues. Madame DRILLAUD a indiqué qu'il n'y avait pas les budgets nécessaires et a rappelé
qu'en 2016 du matériel avait déjà été fourni.
Il a de même été demandé que soient installés des boîtiers GS4 dans chaque bureau, ce qui n'est pas
le cas actuellement puisque seulement 3 bureaux en sont équipés.

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 11:20
CHRONIQUE
L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » !
Jean GadreyProfesseur honoraire d'économie à l'Université Lille 1
Jean GadreyProfesseur honoraire d'économie à l'Université Lille 1

L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par anaux finances publiques, soit 3 % du PIB. Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscale, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

                  Le coût de                       « l’assistance                   aux plus                           riches »                           pourrait être                     de l’ordre de                     150 milliards                   d’euros par                       an hors                           fraude et                         évasion      fiscale

 

On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux États-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches (graphique suivant, source : voir note 1) 
:

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 15:55

MondeSarra Garcia Gross : « au Salvador quand une femme tombe enceinte elle perd son droit à la vie. »

Sarra Garcia Gross fait partie du groupement citoyen pour la dépénalisation de l’avortement, les droits sexuels et reproductifs au Salvador. Un pays catholique où les femmes risquent jusqu’à 40 ans de prison en cas d’avortement.

Quelle est la situation politique au Salvador ?

La Salvador est gouverné par un parti de gauche et qui a impulsé une série de d’actions politiques en relation avec les droits des femmes. Mais Sur la thématique de l’avortement il y a eu un silence assez fort même si il a été le premier parti à présenter une proposition de loi, après 20 ans de pénalisation. Ce même parti a retardé le débat en introduisant d’autres sujets prioritaires pour lui. Ce qui a généré que les groupes fondamentalistes puissent être toujours très forts et très influents.

Parmi les fondamentalistes, il y a l’Église catholique. Des papes se sont-ils rendus au Salvador comme ils se sont rendus si souvent au Mexique ?

Oui parmi les fondamentalistes, Il y a la hiérarchie de l’église catholique mais aussi des groupes en lien avec l’Opus Dei qui ont organisé des campagnes de décrédibilisation et de diffamation sur notre travail sur les droits sexuels et reproductifs.

Jean Paul II est venu au Salvador qui avait alors une position totalement anti avortement. Il y a même des rues qui portent sont nom. Actuellement, il y a un processus de canonisation de Mgr Romero (1), qui avait déjà été déclaré saint par le peuple, il n’y avait donc pas besoin que la hiérarchie de l’église le reconnaisse. Le mouvement fondamentaliste profite de la figure de Mgr Romero pour promouvoir des messages anti-avortement.

Que dit la loi sur l’IVG aujourd’hui au Salvador ?

Actuellement dans le code pénal, il est établi que l’avortement est interdit dans tous les cas. Dans la constitution, il est établi que la vie est protégée à partir du moment de la conception et pour nous cet article 1 signifie qu’au Salvador quand une femmes tombe enceinte elle perd son droit à la vie.

Qu’en est-il de la contraception ?

Au niveau du ministère de la Santé, il y a une politique visant à proposer des moyens de contraception aux femmes, mais il continue à y avoir des obstacles pour y avoir accès surtout pour les femmes les plus jeunes. Si elles veulent des contraceptifs, on va les questionner « Qui sont vos parents, pourquoi ne sont-ils pas là, pourquoi voulez vous des contraceptifs auxquels vous n’avez pas droit ? » La pilule du lendemain, n’est autorisée uniquement que dans les cas de violences.

Y a-t-il beaucoup de femmes en prison aujourd’hui au Salvador ?

Dans le registre que nous tenons, il y a 24 femmes emprisonnées, condamnées pour avoir avorté. Il y a des peines de prison allant juqu’à trente ans effectivement. Cela a démontré une inégalité d’accès à la justice. On leur refuse la présomption d’innocence, on leur attribue la présomption de culpabilité. Notre mouvement a identifié toute une série de préjudices dans ces cas de femmes pénalisées pour cause d’avortement. Elles ont le droit à un avocat mais avec beaucoup d’irrégularités. Dans de nombreux cas dont nous nous occupons, quand nous arrivons sur l’affaire, la définition de cette affaire se transforme en homicide. C’est pour cela que les peines sont très lourdes. Récemment nous avons accompagné le cas de Téodora qui a eu une peine de trente ans et de Térésa qui a eu une peine de 40 ans. C’est elle qui a eu la peine la plus lourde. Térésa ne savait même pas qu’elle était enceinte.

Que fait votre organisation ?

Nous avons trois axes forts.

L’un est la défense juridique pour les femmes en prison surtout en promouvant la campagne 17 et plus. Le deuxième axe, c’est le travail sur le changement de mentalité par rapport à l’avortement. Le troisième axe, est l’influence politique pour arriver à changer la législation.

Qu’est ce que la Campagne 17 et plus ?

En 2014, nous avons recensé le nombre de femmes qui étaient en prison pour avortement. Toutes étaient jeunes et vivaient dans des conditions de pauvreté, des conditions de vie très difficiles. A cette époque, elles étaient 17 d’où le nom de la campagne.

Avez-vous des contacts avec l’Uruguay qui est le seul pays d’Amérique Latine ayant légalisé l’avortement ?

Oui, nous avons des contacts avec des collègues et nous avons reçu, il y a peu de temps, un député qui avait participé à tout le processus de dépénalisation de l’avortement. Nous avons aussi des contacts avec le Mexique, car dans la ville de Mexico, l’avortement est légal et autorisé.

Et en Europe ?

Nous avons des relations avec la Suède car c’est le pays qui a accordé l’asile politique à Térésa. Elle a été obligée de fuir le pays parce que le procureur voulait la condamner de nouveau. Il a été établi par le gouvernement suédois qu’il était dangereux pour Térésa de retourner au Salvador tant que les lois ne changeaient pas.

Propos recueillis par Caroline Flepp 50-50 magazine

1 Óscar Romero, est mort assassiné le 24 mars 1980 en pleine messe, alors qu’il est archevêque de San Salvador (Salvador). Il est reconnu comme un défenseur des droitshumains et particulièrement des paysans. Sa béatification est célébrée le 23 mai 2015 à San Salvador, sous le pontificat du pape François.

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 09:55

Antisémitisme et antisionisme: deux enquêtes en forme de démenti cinglant

12 juin 2018 Par dominique vidal
- Mediapart.fr
Un sondage n’est qu’un sondage. Mais les enquêtes dont on trouvera ici les liens, réalisées par deux instituts considérés comme sérieux, ont été étonnamment peu médiatisées. Et pour cause : elles confirment la dégradation sensible de l'image d'Israël dans l'opinion française.
Sans doute est-ce pourquoi l'extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv et ses relais français tentent par tous les moyens de faire taire les voix critiques tout en effrayant les Juifs de France censés subir, selon ces irresponsables, une « terreur » antisémite et une « épuration ethnique » ! Ainsi, après la tentative de criminalisation de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions(BDS), le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, se précipite ans la brèche ouverte par le président de la République le 16 juillet dernier pour exiger l’interdiction de l’antisionisme ([1])…

Or ces deux enquêtes balayent l'idée mensongère selon laquelle ce dernier serait synonyme d'antisémitisme. Plus généralement, elles remettent les pendules à l'heure. Qu’on en juge :

1) La première, réalisée par l'IFOP, à la demande de l'Union des étudiants juifs de France, sur "Les Français et les 70 ans l'Israël" (https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/05/70-ans-israel.pdf), marque une dégradation sensible de l'image d'Israël en France. Et, je le souligne, elle a été réalisée avant les massacres de Gaza, dont on mesure déjà les effets ravageurs pour cette image.

À preuve ces données parmi beaucoup d'autres :

- 57 % des sondés ont une « mauvaise image d'Israël ([1]) » (68 % chez les moins de 35 ans) ;

- 69 % une « mauvaise image du sionisme » (74 % chez les moins de 35 ans) ;

- 71 % pensent qu'« Israël portent une lourde responsabilité dans l'absence de négociation avec les Palestiniens » (68 % chez les moins de 35 ans) ;

- 57 % jugent qu'« Israël constitue une menace pour la stabilité régionale » (63 % chez les moins de 35 ans)...

- Notons aussi que, pour les sondés, Israël est une théocratie (51 % contre 49 %), mais pas un pays comme un autre (48 % contre 52 %), ni une démocratie (46 % contre 54 %) et encore moins un État laïque (28 % contre 72 %)…

2) La seconde enquête, réalisée par IPSOS pour la Fondation du judaïsme français, porte sur "L'évolution de la relation à l'autre dans la société française" (https://www.ipsos.com/…/la-relation-lautre-et-aux-minorites…).

Elle est extrêmement riche et parfois contradictoire. Globalement, elle marque une crispation accrue de la société française, dont les immigrés et les musulmans constituent les premières victimes. Si les rapports au quotidien restent plutôt bons, l’irritation contre les signes religieux visibles grandit.

Les Juifs, s'ils restent l'objet de stéréotypes massifs, représentent la « minorité » que les Français jugent massivement la mieux intégrée et à laquelle ils manifestent le plus d'empathie.

Sur l'amalgame antisionisme/antisémitisme, l'enquête conclut dans un style « politiquement correct » : « Si l’existence d’un “nouvel antisémitisme” d’extrême-gauche basé sur le rejet d’Israël plutôt que sur des conceptions religieuses ou raciales n’est pas remise en cause, elle reste sans doute cantonnée aux franges les plus militantes. De manière générale, si les électeurs de gauche radicale sont les plus critiques envers Israël et son gouvernement actuel, ils sont aussi parmi les moins enclins à partager des préjugés antisémites ou à avoir des attitudes de rejet envers les juifs. »

Dans sa présentation vidéo de cette enquête sur le site Akadem, (http://www.akadem.org/conferencier/Teinturier-Brice-6669.php), Brice Teinturier se montre beaucoup plus net : « L'image d'Israël n'est pas très bonne. Elle n'est pas catastrophique quand on la benchmarke avec d'autres pays. Mais elle est incontestablement assez dégradée. Mais c'est une image qui joue beaucoup pour la politique menée par Israël, par l'actuel gouvernement israélien. Beaucoup plus qu'Israël en tant qu'État et que des Israéliens en tant que peuple. Là, les niveaux de perception et de jugement sont extrêmement différents : 80 % de la population a une bonne image des Israéliens en tant que peuple, 43 % seulement de l'actuel gouvernement israélien. Et c'est important car, là aussi, on peut mesurer les choses selon les sensibilités politiques. Et notamment la question d'un antijudaïsme qui se dissimulerait derrière un antisionisme est beaucoup plus complexe que ce qu'on entend parfois. »

Brice Teinturier souligne en particulier que « les sympathisants de la France insoumise sont – on l'a vu à propos des stéréotypes antijuifs – ceux qui sont les moins poreux à ces stéréotypes. Mais ils sont les plus critiques à l'égard de la politique de l'État d'Israël. Et quand vous regardez les liens entre ces deux dimensions, ce qui est très clair – je parle bien des sympathisants, pas des dirigeants ou de certains dirigeants –, c'est qu'on ne peut pas dire que les sympathisants de la France insoumise, derrière une critique de l'État d'Israël dissimuleraient une critique des Juifs en général. Au contraire, ils clivent les choses, ils les séparent. Je pense qu'il y a un travail politique, une conscience politique, une critique politique qui est beaucoup plus forte chez les sympathisants de la France insoumise que dans d'autres catégories de la population, mais ça ne débouche pas sur des stéréotypes antijuifs accrus. »

Conclusion de Brice Teinturier : « On ne peut pas, rapidement et un peu caricaturalement, dire que l'un dissimulerait l'autre. »

Bref, si le ridicule tuait, il y aurait une hécatombe à la direction du CRIF et parmi les auteurs du « Manifeste des 300 », à commencer par Philippe Val, sans oublier quelques confrères et consœurs...

([1]) Voir Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron (Libertalia, 2018).

([2]) La seconde enquête, celle d’IPSOS, enregistre seulement 42 % de « mauvaise image d’Israël ». Cette différence s'explique simplement : dans la première, les seules réponses proposées étaient "très bonne", "assez bonne", "assez mauvaise", "très mauvaise"; dans la seconde, il y avait en plus une réponse "ni positive, ni négative", qui rassemble 31 % des sondés.

 

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 11:27

SOLIDARITÉ AVEC LES VICTIMES DES POLITIQUES DE L’IMMIGRATION EN TUNISIE

RASSEMLEMENT A LA FONTAINE DES INNOCENTS
Métro les halles
Le vendredi 8 juin à partir de 18h30

Des milliers à mourir en mer pour arriver en Europe

Victimes des politiques économiques et sociales

Victimes des politiques de l'émigration   

 

 Le spectacle désolant de morts en mer méditerranée se répète dans l’indifférence !

Encore un fois, le samedi 2 juin 2018, une embarcation clandestine a chaviré au large des îles Kerkenna. Le bilan est terrible : plus de 48 personnes sont mortes. Et si 68 autres ont pu être sauvées, on ne connait toujours pas le nombre des disparus.

Les chiffres de l'émigration non-règlementaire, qui se sont emballés ces derniers temps, sont symptomatiques de l'ampleur de la crise économique et sociale dans laquelle s'enlise la Tunisie.

 Selon les estimations du FTDES, le nombre des migrants en 2017 dépasse les 15000 personnes dont 6151 ont été interceptées par les autorités italiennes et 3178 ont été empêchées d'embarquer. Les autres ont pu atteindre les côtes européennes sans passer par un contrôle officiel.

Lors du premier trimestre 2018, il y a quelques 3000 tentatives de traversée des frontières soit dix fois plus qu'au cours du même trimestre en 2017. Nous tenons à  souligner la gravité de la crise économique et sociale et nous déplorons le peu de cas que font les  autorités sur l'ampleur du drame et sees répercussions sur la situation sociale et de la jeunesse du pays  qui semble vivre dans un tunnel obscur et ne rêve que d'une seule chose : quitter le pays par n'importe quel moyen à la recherche d’une vie meilleure.

Ce rêve, qui se transforme trop souvent en cauchemar, n'est pas seulement celui des laissés pour compte de notre jeunesse mais aussi de plus en plus de jeunes dotés de compétences techniques et scientifiques élevées.

Les associations démocratiques de l’immigration  expriment à l’occasion de ce rassemblement leur  profonde tristesse devant la perte des victimes et présentent leurs  condoléances les plus attristées à leurs familles, en formulant l'espoir de salut pour les personnes portées disparues. Nous r rappelons encore une fois  les autorités à fournir aux familles, le plus rapidement possible, toutes les informations concernant les victimes et les disparus et à assurer aux survivants l'assistance psychologique nécessaire. Le tragique précédent du 8 octobre 2017, dans toutes les mémoires, ne doit pas être répété.

Nous exhortons le gouvernement tunisien à renoncer à l'approche sécuritaire de l'émigration non-réglementaire, et à s'atteler au démantèlement des filières clandestines et à la poursuite des passeurs. Ce contexte dramatique doit également nous conduire à réviser les modalités de la coopération avec l'Union européenne fondée sur le tout-sécuritaire et la fermeture des frontières. On ne peut indéfiniment surseoir aux politiques de développement véritables qui tiennent avant tout compte des aspirations de la jeunesse à la dignité et à la justice sociale.Nous tenons  à rappeler, une fois encore, le coût social de plus en plus lourd des choix économiques actuels et à attirer l'attention des gouvernants sur les dangers de cette politique du désespoir organisé qui laisse de larges catégories de jeunes face à un horizon bouché sans autre issue que le départ au risque de leurs vies.

SOLIDARITE AVEC LES VICTIMES DES POLITIQUES DE L’IMMIGRATION EN TUNISIE

RASSEMLEMENT A LA FONTAINE DES INNOCENTS
Le vendredi 8 juin à partir de 18h30
Premiers Signataires  
Association Démocratiques des Tunisiens en France ADTF
Association des Tunisiens en France ATF  
AIDDA  
Collectif 3 C 
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie CRLDHT
Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives FTCR  
Réseau Euro-maghrébin Culture et Citoyenneté REMCC
Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne UTAC 
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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 11:25

Lettre ouverte à Monsieur le président du Sénat

 

Un élu de la République récompense un tortionnaire pour ses « loyaux services »

 

Monsieur le président du Sénat,

 

Le sénateur LR Christian Cambon, Président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a remis le 14 avril dernier, à Rabat, une médaille d’or du Sénat à l’un des grands chefs tortionnaires du régime marocain. Celui-ci a sévi sous le règne de Hassan II durant presque trois décennies. Il s’agit de l’ex-commissaire Mahmoud Archane.

 

Cet individu s’était funestement illustré dès le début des années soixante pendant les interrogatoires menés au centre clandestin de torture de sinistre mémoire « Derb Moulay Cherif » à Casablanca du groupe d’opposants politiques, connu sous le nom du « Groupe Cheikh al-Arab », ancien résistant au protectorat français au Maroc, et de centaines de militants de l’Union nationale des forces populaires (UNFP). Plusieurs d’entre eux ont été torturés à mort sous sa direction.

 

Au début des années soixante-dix, il exerça ses « talents » dans l’un des centres de torture de Rabat. Parmi ses victimes, Evelyne Serfaty, sœur du défunt militant Abraham Serfaty, pour ne citer qu’elle,  a été sauvagement torturée par cet individu lors de son arrestation.

 

La liste des victimes et des crimes de Mahmoud Archane est longue. Des organisations marocaines de défense des droits humains l’avaient cité parmi une liste de noms de tortionnaires et responsables de crimes devant être jugés.

 

Ses victimes et leurs familles ne comprendront jamais comment un élu de la République, patrie des droits de l’Homme, distingue un tortionnaire de cette espèce.

 

Le geste de Monsieur le sénateur est un acte honteux et une insulte à la mémoire de tous les démocrates et résistants y compris les Français qui ont résisté à la barbarie nazie. Il n’engage pas seulement sa personne et son groupe politique mais le Sénat tout entier qui doit prendre ses responsabilités.

 

Monsieur le président du Sénat,

 

Nous, organisations des droits humains et démocrates signataires, considérons que la remise de cette médaille à un tortionnaire déshonore le Sénat et qu’il vous revient, Monsieur le président, de réparer et d’effacer cette offense faite à cette institution et à toutes les victimes de Mahmoud Archane, responsable de traitements cruels, dégradants et inhumains.

 

Paris, le 4 juin 2018

 

Premiers signataires

 

Organisations :

  • Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM-France)
  • Association Marocaine des Droits Humains (AMDH-Maroc)
  • MRAP
  • Association Mauritanienne des Droits Humains (AMDH-Mauritanie)
  • Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
  • Sos Esclaves (Mauritanie)
  • Association des Tunisiens en France (ATF)
  • Observatoire Marocain des Libertés Publiques (OMLP)
  • AFASPA
  • Forum Marocain pour la Vérité et la Justice-France(FMVJ-F)

 

Personnalités :

Abderrahim Afarki, ancien prisonnier d’opinion

Abdallah Zniber, ancien exilé marocain

Abdellatif Laâbi, écrivain

Jacques Gaillot, Évêque de Partenia

Younès Benkirane, auteur et défenseur des droits humains

Hassan Hadj Nassar, ancien exilé politique

Renée Le mignot, co-présidente du MRAP

Khadija Ryadi, lauréate du prix de l’ONU des droits de l’Homme

Touriya Fili-Tullon, universitaire

Said Tbel, militant des droits humains

Tewfik Allal, militant associatif-Paris

Hayat Bousta, militante des droits humains

Hélène Jaffé, médecin, ancienne présidente de l’AVRE

Jean-Yves Delanoë, Coach et consultant en santé

Jacques Fath

Mouhieddine Cherbib, militant maghrébin des droits de l’Homme

Fatiha Fadil, citoyenne franco-marocaine

Francine Cohen, Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire

Mohamed Ahmed El-Hadj Sidi, enseignant chercheur et avocat à Nouakchott

Michel Baldassi

Mohammed Ennouhi, président de l’IMDH (Maroc)

Mohamed Berrada, écrivain

Youssef Mezzi, Attac Maroc

René Gallissot, historien, professeur émérite d’université

Samir Bensaid, ancien exilé marocain

Marc Olivier

Saoudi Rabah, ancien syndicaliste algérien

Jacob Cohen, écrivain franco-marocain
Nour-eddine Saoudi, militant des droits de l'Homme, ex-prisonnier politique
Abdelhamid Amine, ex-président de l'AMDH
Mohamed Nedali, écrivain marocain
Hakim Noury, acteur-réalisateur

Fedwa Aït Kaddour, fille d’exilé politique marocain

Mohamed-Lakdhar Ellala, président de l’ATF

Mounir Bensalah, militant politique marocain

Mohammed Kchikech, citoyen marocain

Driss Elkherchi, président de l’ATMF

Jocelyne Laâbi, retraitée

Lucile Daumas, retraitée

Raymond Benhaim, ancien exilé politique, économiste

Me Maurice Buttin, avocat honoraire, ancien avocat à la Cour d’Appel de Rabat

Saddik Lahrach, militant associatif et ex-détenu d’opinion

Kamal Lahbib, défenseur des droits de l’Homme 

Abderrahim Lahrichi, enseignant, ancien réfugié politique marocain

Embarek Ouassat, poète marocain

Abdou Berrada, journaliste

Abdelhaq Kass, ancien exilé politique et président du Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France)

Mohamed El Moubaraki, SG du FMVJ-France, ancien exilé politique

Aziz Hmoudane, élu groupe Communiste/FDG au Conseil d’arrondissement de Paris 20ème

Sardouk Elhoussine, militant des droits humains

Josette Breton, militante des droits humains

Nelcya Delanoë, professeure des Universités

Ahmed Dahmani, défenseur maghrébin des droits humains

Ali Dabaj, militant des droits humains

Gilles Deloustal, citoyen

Ali Hamtine, enseignant

Abdelmajid Baroudi, cadre associatif

Ayad Ahram, défenseur des droits humains

….

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 20:06

Le 05 juin 2018
 
La Nuit du Ramadan
à Aubervilliers, Salle l'Embarcadère
38, rue Hemet 
 
Ouverture 20h30
 
20h45 
 
Cadeaux et prix : pour les lauréats de 2018
 
21h50
 
Iftar Ramadan (Rupture du jeune)
 
Spectacle Musical "El Foundou" Tunisie
Mouss Farhati Algérie
 
Invité d'Honneur
Le Secrétaire Général-adjoint de l'UGTT
BOUALI M'BARKI
 
PAF: 5€
 
TOMBOLA : VOYAGES OFFERTS PAR TUNISAIR
Organisée par UTIT, ATF et ADTF
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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 21:10

Manifestation contre la loi asile-immigration le 2 juin

23 MAI 2018,  

PAR MARCHE DES SOLIDARITÉS,  

BLOG : LE BLOG DE MARCHE DES SOLIDARITÉS

A l'appel des collectifs de sans-papiers et migrantEs, plus de 70 collectifs et comités de solidarité, de collectifs de familles victimes des violences policières, d'associations, de syndicats et d'organisations appellent à manifester le 2 juin pour imposer le retrait de cette loi raciste et liberticide avant son passage au Sénat.

Manifestation du 2 juin appelée par :

 

Coordination des Sans-Papiers de Paris (CSP75), Coordination de lutte pour les Sans-Papiers 93 (CSP 93), Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry (CTSP 94), Collectif des Sans-Papiers Paris 20 (CSP Paris 20), Comité des Sans-papiers 59 (CSP 59), Collectif de soutien à la lutte des Sans-Papiers (CSP 95), Comité des Sans-Papiers de St Just (CSP 17-St Just), Collectif des Etudiant-e-s Sans-Papiers Paris 1 (CESP P1), Intégration 21, Droits Devant !!, CSP 92, Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrant-e-s (CISPM), Union Nationale des Sans-Papiers (UNSP), Coordination Nationale des Sans-Papiers (CNSP)

Soutenus par :

Collectif pour l’avenir des foyers (Copaf), Collectif Vies Volées, Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri,

Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Comité pour Clément,

Assemblée des Blessés, des Familles et des Collectifs contre les violences policières,

Collectif 20è solidaire avec tou-te-s les migrant-e-s, Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-e-s,

 

Collectif citoyen P’tit Déj à Flandre (Paris 19),

Collectif D’ailleurs nous sommes d’ici 67 (DNSI 67),

Collectif On Dort Au Chaud (Codac 18),

Collectif Saint-Lois d’Aide aux Migrants (CSLAM),

Collectif solidarité migrant-e-s Paris-centre,

Collectif Sorbonne sans frontières,

Collectif ROSA (Réseau d’Opération Solidaire et d’Action),

Des habitant-e-s de la ZAD, La Chapelle Debout, Nogent D’Ailleurs, Paris d’exil, United Migrants,

Zone de Solidarité Populaire Paris 18 (ZSP18), Act Up-Paris, AFD International,

Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT), Association Allamma international,

Association Femmes plurielles, Association Havraise de Solidarité et d’Echanges avec Tou-te-s les Immigré-e-s (AHSETI), Association kâlî, Association Marocaine des Droits Humains (AMDH-Paris/IDF),

Association des Tunisiens en France (ATF), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF),

Collectif de Lutte AntiCapacitiste (CLAC), Collectif Ni Guerre Ni Etat de Guerre,

Comité pour le Respect des libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT),

Compagnie Jolie Môme, Droit au Logement (DAL), Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (Fasti), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR),

Femmes en Luth citoyennes à part entière, Femmes en lutte 93,

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), LDH Paris 10/11, Mêmes droits pour toutes et tous-Drôme Ardèche, Mouvement pour une Alternative Non-violente IdF (MAN IdF),

MRAP 66, Pride de Nuit, Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC),

Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Union Juive Française pour la Paix (UJFP),

Union des Tunisiens pour l'Action Citoyenne (UTAC), Utopia 56, CNT-ste 75, 

Emancipation Tendance Intersyndicale, Fédération CNT éducation, Fédération Sud-PTT,

SNPES-PJJ/FSU, Solidaires-ASSO, Section CGT Société de Restauration du Musée du Louvre,

Sud Aérien, Sud Culture, Sud-éducation Paris, Sud Energie, Sud PTT 92, Sud Renault Technocentre, 

UD CGT 75, UL CGT Paris 18, Union Syndicale Solidaires, Union syndicale Solidaires 66,

AL, ANC, CGA, DiEM25, Ecologie sociale, Ensemble, Mouvement ECOLO, OCL, NPA, PIR

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 17:19

Mort de Maya Jribi, une icône tunisienne
Inlassable combattante pour la démocratie et les droits des femmes, Maya Jribi est décédée samedi 19 mai à l’âge de 58 ans.

Par Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)

LE MONDE Le 21.05.2018 à 17h21 • Mis à jour le 22.05.2018 à 11h41


Elle fut assez seule dans les années 2000, aux côtés d’une scène dissidente assiégée par la police politique, à défier l’ex-régime de Ben Ali. Elle est aujourd’hui célébrée comme une icône nationale, encensée d’hommages les plus officiels. Maya Jribi, inlassable combattante pour la démocratie et les droits des femmes en Tunisie, est morte samedi 19 mai, à Radès, près de Tunis, à l’âge de 58 ans.

Armée de solides convictions, elle s’était imposée dans les années précédant la révolution de 2011 à la tête du Parti démocrate progressiste (PDP), une formation d’opposition fondée par Nejib Chebbi, militant éprouvé qui fit ses premières armes au confluent du panarabisme et du maoïsme. Maya Jribi fera partie des opposants qui refusèrent jusqu’au bout d’être récupérés par le pouvoir malgré l’adversité. Le 14 janvier 2011, le jour de la chute de Ben Ali, une photo l’immortalise en pasionaria, frêle silhouette juchée sur une forêt de bras et d’épaules de manifestants rassemblés sur l’avenue Bourguiba à Tunis. Elle dessine de ses doigts le V de la victoire, épilogue d’un long combat.

« S’imprégner de la condition ouvrière »

Née le 29 janvier 1960 à Bou Arada (nord-ouest de la Tunisie) d’un père fonctionnaire originaire de Tataouine (sud tunisien) et d’une mère algérienne, Maya Jribi a entamé des études de biologie à l’université de Sfax après avoir échoué à entrer en médecine. Sur le campus, elle découvre le militantisme au sein du syndicat Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), puis rejoint la section régionale de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH).

Nejib Chebbi, qui l’a repérée, l’associe à la fondation en 1983 du Rassemblement socialiste progressiste (RSP), formation qui deviendra le Parti démocrate progressiste (PDP) en 2001. C’était l’époque où la jeune militante de gauche souhaitait « s’imprégner de la condition ouvrière ». Elle cherche à « s’établir » en usine, mais échoue à se faire embaucher.

Au moment où elle pense pouvoir enfin décrocher un emploi de coursière dans une société de services à Tunis, elle croise sur place, par le plus grand des hasards, Hassib Ben Ammar, le patron de l’hebdomadaire indépendant Er-Raï (L’Opinion), qui l’enrôle comme journaliste. Elle rejoindra ensuite la rédaction d’Al Mawkif, l’organe du RSP. Elle ne fait toutefois pas carrière dans le journalisme. Polyvalente, elle travaillera aussi pour l’Unicef, mais surtout pour l’Institut El Amouri, un bureau d’études où elle s’illustra en développant les études qualitatives.

Dans les années 2000, Maya Jribi vit aux premières loges l’évolution du paysage de l’opposition. Eparse, éclatée, celle-ci est notamment affaiblie par l’héritage de la querelle historique entre islamisme et extrême gauche. Certaines de ses figures s’emploient à surmonter la fracture. Le 18 octobre 2005, Nejib Chebbi lance avec sept autres militants une grève de la faim pour revendiquer les libertés publiques alors que se tient à quelques encablures le Sommet mondial des sciences de l’information où le régime de Ben Ali se met en scène.

Elue à l’Assemblée nationale constituante

Grande première, le Collectif du 18 octobre, qui se structurera autour de cette grève de la faim, rassemble toutes les tendances de l’opposition, gauche et islamisme confondus. Maya Jribi s’active dans les coulisses du mouvement. « Elle défendait toutes les victimes de la répression, y compris les islamistes », souligne l’universitaire Larbi Chouikha.

Deux ans plus tard, alors qu’elle occupe les fonctions de secrétaire générale du PDP, c’est elle qui entre en grève de la faim aux côtés de Nejib Chebbi. Les deux dirigeants protestent contre la résiliation du bail de l’appartement où le parti avait établi son siège. « Ils ont le visage émacié et les yeux creux. Lui, longue silhouette très maigre. Elle, poids plume (43 kg) et allure d’adolescente » : ainsi l’envoyée spéciale du Monde, Florence Beaugé, les décrivait-elle dans un article consacré à leur grève de la faim (Le Monde du 19 octobre 2007).

Pouvaient-ils imaginer que le régime de Ben Ali était en train de se décomposer, processus qu’accélérera plus tard le soulèvement du bassin miner de Gafsa au printemps 2008 ? Au lendemain de la révolution de 2011, Maya Jribi est élue à l’Assemblée nationale constituante (ANC) sous l’étiquette du « groupe démocratique », une coalition d’ex-opposants.

Lors des fiévreux débats sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, elle s’oppose vertement aux islamistes d’Ennahda. « Elle tenait à inscrire l’identité arabo-musulmane de la Tunisie dans une perspective progressiste, explique le journaliste Rachid Khechana, l’un de ses compagnons de lutte. Pour elle, il n’y avait aucune contradiction. »

Un an plus tard, elle est élue secrétaire générale d’Al Joumhouri (Parti républicain), né de la fusion du PDP et d’autres formations. Mais ce nouveau mouvement peine à s’imposer alors que la vie politique tunisienne se polarise autour de l’affrontement entre partisans et adversaires de l’islam politique. Affaiblie par la maladie, Maya Jribi va progressivement s’effacer de la scène publique.
 

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 18:02

Condoléances :

La scène politique tunisienne et les mouvements progressistes et démocratiques ont perdu une de leurs illustres militantes et dirigeantes Madame Maya JERIBI. C'est une grande perte pour le combat des Tunisiennes et des Tunisiens  pour la démocratie et pour les luttes pour la citoyenneté, l'égalité des droits des femmes et la réalisation des objectifs de la Révolution.

 

En ces moments malheureux et difficiles, le Bureau National de l’Association des Tunisiens-es en France (ATF), présente ses sincères condoléances à la famille de Maya, à ses amis-es, à son parti et sa direction, à ses camardes de lutte et à Me Néjib CHEBBI ancien Secrétaire général d’Eljoumhouri.

 

Notre association a connu Madame Maya JERIBI depuis les années 1990, comme militante attachée à la défense des plus humbles et de leurs droits à l’accès à une vie meilleure dans une Tunisie démocratique qui respecte les droits  économiques, sociaux-politiques et les droits démocratiques fondamentaux collectifs et individuels. 

 

Son élection dans le parti ElJomhouri au poste de Secrétaire Générale était un événement politique sans précédent. En effet, pour la première fois en Tunisie, une dame assume la première responsabilité de à la tête d’un parti politique, Secrétaire Générale d’El Joumhouri .

 

Madame JERIBI a assumé ses nouvelles responsabilités avec un grand courage et sans concession. Elle n'a laissé personne  faire d'elle un alibi. Ella a  démenti tous les discours qui semaient le doute sur ses capacités à diriger un parti politique dont les origines remontent aux années 60.

 

Après son élection à l’Assemblée constituante, elle a participé à la constitution du Groupe Démocratique au sein de cette assemblée pour s’opposer, malgré une position très minoritaire, à l’hégémonie de la Troïka dominée par les Islamistes d’Ennahdha. Ce sont ces démocrates progressistes dont Maya était une des figures de prou , qualifié(e)s de « zéro virgule » qui ont fait chavirer cet édifice rétrograde et contraint le gouvernement de cette alliance rétrograde à démissionner.

 

La dernière fois que nous avons saluée Maya était en 2017, lors du dernier congrès de son parti à Tunis. Elle était digne  de tout le respect que les progressistes et démocrates lui reconnaissaient.

L'ATF et l’immigration tunisienne perdent en elle, une dirigeante politique qui a toujours défendu les droits des migrants tunisiens et leurs revendications citoyennes.

 

Elle était solidaire avec leurs luttes, leur attachement à la Tunisie et leur droit d'être reconnus-es comme des citoyens de pleins droits.

Paris, le 23 mai 2018

Pour Le Bureau National

Le Président

ELLALA  Mohamed-Lakhdar

 

 

Nous appelons toutes et touts les démocrates à assister demain jeudi 24 mai à 19h30 à l’Hommage Maya JERIBI, au siège de l'ATF 3/5 rue Louis Blanc M° Colonel Fabien Ligne 2 ou Louis Blanc Ligne 7.

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